‹ La messe (volume 2)Chapitre 197 sur 245 · TRANSEPT · texte numérisé non relu

TRANSEPT

Nous observons dans quelques basiliques une dérogation à la règle du parallélogramme complet du plan ; dès l’antiquité, afin de livrer un espace plus grand aux magistrats, on construisit à l’extrémité supérieure de l’édifice deux avant-corps débordant les faces latérales, avant-corps que Vitruve désigne, dit-on, par le nom de chalcidiques. Le christianisme adopta avec d’autant plus d’empressement ce plan, qu’il lui offrait une image de la croix. Quelques auteurs se servent encore du mot chalcidiques, mais nous préférons celui de transept (trans-septum) qui rend parfaitement compte de la position réservée derrière les chancels de cette partie de l’église1. — Sa position est trop connexe avec le chœur pour que nous n’en parlions pas ici.

Les transepts sont nettement accusés à Saint-Jeande-Latran, Saint-Pierre du Vatican, Saint-Paul-horsles-Murs, (pl. CCXLVII1), à l’Ara-Cœli, mais dans beaucoup d’autres églises ils ne sont dessinés que par l’interruption des nefs latérales qui laissent ainsi un

i. Ramée, Hist. de l’arch., II, 28.

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grand espace libre devant la partie absidale. Cet espace raccordé avec la nef principale offre la forme d’un T, ce qu’on peut voir à Rome dans les églises de Sainte-Marie-Majeure, de Saint-Alexis, de Sainte- Croix-de-Jérusalem.

Le transept n’apparaît que tard 1 et d'une manière moins accusée dans les provinces du nord, cependant les églises abbatiales en possédèrent de très-étendus, l’abbaye de Cluny avait même deux transepts. L’église primitive de Saint-Rémi, à Reims, en offre un exemple remarquable.

Dans certaines églises de grandes dimensions il y a deux transepts, de sorte que le plan ressemble à la croix archiépiscopale, ce qu’on observe à Saint- Quentin en Vermandois, à Cantorbéry, à Lincoln, à Salisbury, à Rochester et à Worcester8.

SCHOLA-CANTORUM.

Lorsque l’exiguité de la basilique en certaines circonstances ne permettait pas de s’étendre dans les transepts, on formait en avant des chancels une seconde clôture plus basse derrière, dans laquelle les clercs pouvaient se placer à leur aise à l’abri de la foule. Nous l’appellerons schola-ccintorum pour désigner le lieu où chantaient les élèves des écoles pontificales fondées par saint Grégoire le Grand. — Cette enceinte correspondait avec le presbyterium par la porte sainte, et avec la nef par une porte vis-à-vis celle-ci, et deux latérales près du septum. Dans les plus anciens monuments nous n’y voyons aucune trace de bancs fixes pour les clercs qui devaient se tenir debout. Les panneaux de marbre de Saint-Clément (commencement du vi° siècle) sont éga’ement sculptés sur les deux faces, ce qui exclut toute supposition de sièges contigus. La schola de Saint-Jean-et- Saint-Paul qu’Ugonio3 vit encore en place était gar-

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