STALLES
On se servit aussi de dalles en calcaire dur sur le-
quel on gravait des dessins remplis de plomb ou de mastic coloré, comme dans l’église Saint-Menoux, près Moulins, ou dans l’ancienne cathédrale de Saint- Omer1, à Saint-Nicaise de Reims, à Saint-Denys de Cantorbéry.
Ce fut au xme siècle que l’on vit paraître les brillantes mosaïques en terre vernissée qui couvrirent le sol des chapelles et du chœur2. Les carrelages les plus anciens de ce genre sont ceux découverts, il y a quelques années, dans les chapelles absidiales, de Saint-Denis et qui sont du temps de Suger. On trouve encore en Allemagne des combinaisons de carreaux de terre cuite de couleur formant des dessins variés et qui datent des premières années du xme siècle 3. Les dessins de ces carreaux sont extrêmement variés, je noterai seulement celui que j’ai remarqué dans la salle canonicale de Bayeux, qui nous offre le dessin du poisson mystique, parce que c’est une trace précieuse de la tradition primitive.
Nous avons relevé sur les contre-marches du chœur de Saint-François, à Assise des carreaux de faïence qui semblent prouver que tout le sanctuaire en était couvert.
Les stalles, qui vers la fin du moyen-âge devinrent un des plus beaux ornements du chœur, échappent à nos études par l’époque tardive où elles parurent le plus souvent. Cependant l’époque romane commença à en produire ; nous avons cité d'après M. Albert Lenoir à propos du banc presbytéral d’une église d’Athènes des compartiments qui y dessinent de véritables stalles, nous ajouterons d’après le même savant celles de l’église de Ratzburg d’un caractère franchement roman 4 5. A Guerno (Morbihan) on voit encore dans le chœur et le long de la nef des stalles de pierre6. Pour le xiiic siècle, nous nous contenterons de rappeler les bancs du chœur de Sainte Claiie, à Assise, qui ne forment pas seulement un rare monument d’ancienne menuiserie, mais une précieuse re¬
1. E. Wallet, Descrip. du pavé de l’ancienne cathédrale de Saint-Omer.
Viollet-le-Duc, Dict., V, p. io.