‹ La messe (volume 2)Chapitre 209 sur 245 · Répertoire du Morbihan, p · texte numérisé non relu

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lique. Chaque siège est indépendant et, tournant sur un pivot, peut se relever isolément. Nous en avons pris le dessin que nous donnons ci-joint.

Nous ne pouvons mieux faire en terminant et pour donner une idée complète d’un chœur roman que de rapporter la description de Saint-Denis d’après D. Doublet. Cette abbaye par son rôle de cimetière royal, devait conserver mieux qu’aucun autre sanctuaire les dispositions primitives et peut résumer ainsi devant nous les traditions de liturgie monumentale de plusieurs siècles.

« Avant Marie de Médicis, dit le savant Bénédictin, le chœur était divisé en trois parties : en la première est posée l’aigle de cuivre, enrichie des quatre évangélistes et autres figures, donnée par le roy Dagobert, provenant de l’église de Saint-Hilaire de Poitiers. Est aussi là même le tombeau de Charles le Chauve. Le pavage en mosaïque de serpentine jaspe, porphyre était fait par beaux compartiments. Au bout de cette première partie était l’autel dédié à la Sainte-Trinité, appelé aussi matutinal, tout en marbre noir, enrichi de personnages de relief, de marbre blanc représentant le martyre de saint Denys, le dossier duquel tout d’une seule pièce est d’une pierre de touche. On l’appelle matutinal parce qu’on y célèbre la grand’messe aussitôt après prime. Le Saint-Sacrement reposait au-dessus et le tombeau de saint Denys.

CHŒURS

« En la seconde partie du chœur on voit la grande voûte si admirable pour sa largeur et sa légèreté. En ce lieu se remarquent deux grands avirons suspendus à des piliers qui servirent à saint Louis pendant les croisades. C'est dans cette partie que se font les funérailles royales; l’entrée du caveau est couverte de plusieurs pierres de liais.

« La troisième partie du chœur était fermée de belles clôtures de fer à jour faites par beaux compartiments, et au dedans le maltre-autel posé, de marbre blanc et noir, fut consacré par le pape saint Étienne III. Cet autel était soutenu par quatre pi¬

liers de marbre blanc, sur l’un desquels on lisait les lettres M. P. V. III ; — au-dessus la grande croix d’or à laquelle était attaché le crucifix de l’abbé Suger. — Près de là le trône de Dagobert. — Aux côtés de l’autel deux colonnes de porphyre surmontées des statues de saint Pierre et saint Paul données par Pépin. — Derrière la châsse de saint Louis, à travers le chœur, une pièce de bois couverte de fleurs de lys et soutenant au milieu la croix de saint Éloi à la hauteur des chapiteaux des stalles *. »

i. D. Doublet, p. 288.

Classe.

EGLISES

En remontant de l’étude des détails à celle de l’ensemble, nous avons examiné les meubles liturgiques, puis le chœur qui les renferme presque tous ; il ne nous reste plus, en suivant la même méthode, qu’à donner un regard à l’église entière qui est bâtie pour le saint sacrifice, qui en protège les cérémonies et en abrite les assistants.

Il était défendu de célébrer hors de l’église qui acquiert par cela un rang capital parmi les monuments de la messe. Toutefois, comme ce sujet que nous ne pouvons négliger entièrement a été souvent traité et que les développements qui conviendraient nous entraîneraient trop loin, nous offrons simplement ici un tableau facile à fixer dans la mémoire.

Nous ne dirons rien des édifices païens transformés en églises. Tout le monde sait qu’ils furent nombreux et on se rappelle, à ce propos, le temple de Minerve à Athènes, les temples romains qui devinrent Saints- Côme-et-Damien, Sainte-Marie-in-Cosmedin, Saint- Nicolas-in-Carcere, etc. Nous nous contenterons de rappeler comme spécimen de ces transformations le joli temple de Clitumne dont il a été longuement question dans l’article Tabernacles ; cet exemple est excellent pour nous montrer le goût des ouvriers chrétiens dans l’appropriation (pl. CCLI) des édifices profanes, dont ils s’emparèrent sans rien détruire, mais au contraire en y ajoutant des ornements d’un bon style.

Si l’autel représente le Christ, l’église figure son épouse mystique qui lui est unie, qui l’entoure d’une virginale tendresse et lui offre les fidèles qui sont ses enfants. Elle est composée de pierres et de matériaux divers parce que les mérites des saints sont trèsvariés *.

L’église nous apparaît à l’origine de la révélation mosaïque dans le tabernacle du désert, puis dans le temple de Salomon. Sous le règne de Jésus-Christ, nous la retrouvons dans la salle de la Cène, de la Pentecôte 2 *, dans les oratoires domestiques ou les

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