‹ La messe (volume 2)Chapitre 3 sur 245 · Ferrarius, De ritu sacrarum Ecclesiæ veleris concionum · texte numérisé non relu

Ferrarius, De ritu sacrarum Ecclesiæ veleris concionum

AMBONS

gélistes à rattacher chaque page de F Ancien-Testament au Nouveau, à montrer que la religion du Christ est la même que celle de Moïse, dont elle a réalisé les figures, lorsqu’on saisit ce lien intime, il est difficile de croire que les premiers chrétiens ne firent pas beaucoup d'emprunts à la liturgie biblique. On se rappelle que saint Paul reprochait l’attachement excessif aux rites juifs et l’opiniâtreté des chrétiens convertis dans la Palestine à les conserver.

Il est donc croyable qu’ils leur restèrent fidèles en tout ce qui n'offensait pas les prescriptions évangéliques , que non-seulement ils les conservèrent eux-mêmes, mais les communiquèrent à leurs nouveaux frères d’Occident. Cela est si vrai que Tacite, Suétone et les auteurs païens des commencements, confondaient les Chrétiens et les J uifs, ou même comprenaient tous les chrétiens sous le nom de Juifs. Dans cette pensée nous commencerons l’histoire des ambons par chercher dans la Bible l’origine de leur usage.

Voici ce que nous lisons au sujet de l’estrade royale dans la Bible : « Salomon avait fait et placé au « milieu de Y A\arah une estrade d'airain de cinq « coudées de largeur et de trois coudées de hauteur ; « il se plaça dessus et se mit à genoux en face de « toute l’assemblée d’Israël et il étendit ses mains « vers le ciel l. »

La plate-forme de cette estrade sur laquelle Salomon se prosterna pour adresser sa prière à l’Éternel, lors de la consécration du temple, avait donc 2mÔ2 en carré et im5 7 de hauteur. Cette estrade était devant l’autel d’airain, car nous lisons dans le Ier livre des Rois, vin, 22, à propos de ce même fait : « Salomon « se plaça devant l’autel de l’Éternel en face de toute « l'assemblée d’Israël et étendant les mains vers le « ciel 2.... »

Lorsque nous lisons dans ce texte : « Siquidem fe- « cerat Salomon basim æneam et posuerat eam in « medio basilicæ », ne croyons-nous pas entendre parler de l’ambon qui occupait le centre de nos églises ? Et plus tard, dans les livres d’Esdras, ne penset-on pas assister à une scène de basilique chrétienne :

« Or, Esdras, docteur de la loi, se tint debout sur une « estrade de bois qu’il avait façonnée pour parler.

« (Super gradum ligneum quem fecerat ad loquen- « dum) et setinrent près de lui à sa droite, Matthias « et Semeia, et Ania, et Uria et Helcia et Maasia, à

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