De Saulcy, Dict. d'antiq. bibliq., p
« sa gauche Phadaia, Misael et Melchia, et Hasum, « et Hasbadana, Zacharia et Mosellam. Et Esdras « ouvrit le livre devant tout le peuple; en effet il do- « minait le peuple tout entier. Lorsqu’il l’eut ouvert, « tout le peuple se tint debout. Et Esdras bénit le « Seigneur, Dieu grand, et tout le peuple répondit : « Amen, amen en élevant ses mains et ils s’inclinè-
« rent et adorèrent Dieu prosternés contre terre .
« Les lévites imposaient silence au peuple pour « écouter la loi. Or le peuple se tenait à sa place (in « gradu suo) '. »
Tout se retrouve, l’ambon, les acolytes à droite et à gauche, le livre placé de manière à être vu du peuple, le peuple écoutant debout la lecture du texte sacré, la glorification du Seigneur par le prêtre, les répons populaires ; plusieurs auteurs, entre autres Thiers, Ferrari, Claude de Vert ont été frappés de ces analogies liturgiques ; on ne peut se refuser en effet à reconnaître la justesse de ce rapprochement qui nous reporte à cinq siècles avant le christianisme.
Le III0 livre d’Esdras n’a pas, je crois, la même autorité que les précédents, et n’est pas canonique ; toutefois il remonte aux premiers siècles et peut encore être cité ici avec grand intérêt 2. « Nous y lisons encore qu’Esdras, entouré de sept acolytes à droite, de sept à gauche, était monté pour lire les saintes écritures sur une estrade de bois : « Super ligneum « tribunal quod fabricatum erat 3. »
M illin constate aussi que les chrétiens prirent aux Juifs et non aux païens, l’idée de leurs ambons : « Les temples des Grecs et des Romains ne renfermaient rien qui ressemblât à une chaire, parce que le service de leurs prêtres ne consistait qu’en cérémonies et dans l’observance des rites sacrés. L’usage des chaires dans les églises des chrétiens paraît venir du banc élevé, sur lequel les rabbins des Juifs sont assis dans leurs synagogues derrière un bureau, et dans l’origine, elles ne paraissent avoir été que des tribunes consacrées à la lecture des livres sacrés 4. »
Nous ne voulons pas conclure de ces observations que les premiers chrétiens d’Occident n’empruntèrent rien aux tribunes païennes qu’ils avaient sous les yeux. La chaire de la maison du maître d’école à