‹ La messe (volume 2)Chapitre 5 sur 245 · Millin, Dict . des Beaux-iArls · texte numérisé non relu

Millin, Dict . des Beaux-iArls

ORIGINES

Pompéï, à laquelle on parvient par plusieurs degrés, les bas-reliefs de Trajan, sur l’arc de Constantin, une médaille de Constantin, etc., nous offrent des traits de ressemblance que nous ne pouvons méconnaître. Vitruve parle du pupitre ou lieu élevé sur lequel les acteurs venaient réciter, et dit qu’il avait à peu près 5 pieds de hauteur '. C’était un usage des princes antiques de parler d’un lieu élevé, on peut s’en convaincre dans la Vie de Pompée, par Plutarque, dans les écrits de Lucain, de Tacite, de Pline, etc., à défaut de tribune ils s’en faisaient faire une en terre ; on recouvrait l'estrade improvisée avec des tapis s.

On a découvert un bas-relief que j’ai dessiné au forum romain, et qui nous montre un empereur haranguant des soldats du haut d’un piédestal lequel, pris à l’échelle, devait avoir environ un mètre 3.

On doit penser que pendant l’ère des persécutions, où les basiliques s’élevaient assez rarement en plein jour, ce genre de meubles était peu utile et peu employé dans les étroits sanctuaires des catacombes ; les prêtres au lieu de monter sur de hautes estrades comme ils l’avaient fait dans l'ancienne loi, comme ils devaient le faire après le triomphe de l’Église, parlaient sans doute sur un simple escabeau, ou assis sur des chaires sacerdotales. Claude de Vert, dans son Explication des cérémonies de la Messe , est d’avis que les premiers ambons ne furent d’abord qu’une simple marche.

Une cuiller chrétienne du ve , trouvée à San- Canziano, près de Parme, nous offre un exemple d’un personnage debout à gauche du trône et monté sur un escabeau. La partie de l’ustensile aujourd’hui mutilée peut se restaurer à l’aide d’un autre cuiller fort semblable qui nous montre un pupitre avec un livre ouvert. Ce serait donc un lecteur 4.

Le Paliotto de Milan nous donne un autre exemple dans la messe de saint Ambroise qu’on y voit représentée en bas relief. Dans quelques églises, avant la Révolution, principalement chez les Chartreux, cette coutume était encore observée.

Si les cimetières chrétiens n’offrent aucunes traces d’ambon, on y voit les restes de sièges de prêtres ; et des fresques, dont nous avons parlé à propos des chaires, représentent des orateurs assis.

Dès que les circonstances le permirent, on dut éle-

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