‹ La messe (volume 2)Chapitre 49 sur 245 · Schrenck, Mytbol. gr p · texte numérisé non relu

Schrenck, Mytbol. gr p

Heffter, Mylbol. des Grecs el des Romains, 1848, p. 187.

AMBONS

une bacchante dansant, sujets symboliques qui accompagnent ses images.

Les sujets (E) et (F) figurent Bacchus sous des berceaux de pampre ; dans le premier on voit à ses pieds un lion, dans le second une lionne ou panthère ; les deux animaux sont couronnés. Au premier ivoire, Bacchus verse lui-même la boisson, tandis que sur le second cette boisson coule d’une tête de lion dans la gueule d’une lionne et ce dieu s’appuie sur une colonne ornée d'un beau chapiteau roman byzantin , qui paraît remonter à l’origine de l’ambon. Dans les pampres de la treille, on remarque des oiseaux, des boucs, des ânes, des amours. Bacchus apparaît comme le dieu de l’agriculture, le promoteur de la paix et du bonheur.

En résumé, les bas-reliefs (A) et (B) sont évidemment chrétiens, mais fort antérieurs au xiesiècle. Ceux marqués (E) et (F) peuvent dater de Henri II et s’expliquer par le symbolisme chrétien s’emparant à son profit de certains souvenirs païens. Quant aux ivoires (C) et (D), leur présence dans un monument chrétien est incompréhensible ; on ne peut supposer que le pieux Henri ait fait retracer des scènes sembables et on ne saurait expliquer leur emploi que dans la pensée qu’il les ait suspendues ici à la chaire de vérité, comme des trophées de l’idolâtrie vaincue L

Comme on l’a dit, l’emplacement actuel de cet ambon n’est plus celui de l’origine. Le chœur, avant les agrandissements du xiv° siècle, était une étroite abside carrée qui n’aurait pu offrir un emplacement convenable à cette tribune sacrée 1 2.

D’après cela, nous ne voyons pas d’autre situation possible qu’une des arcades latérales du Dôme, à moins qu’on ne le suppose, comme à Sainte-Sophie, dans l’axe de l’église. On peut croire qu’il était élevé sur un socle de maçonnerie et appuyé à une cuve du même genre où les acolytes pouvaient s’assembler sans gêne. Il importait peu que les flancs de l’ambon fussent médiocrement ornés , s’ils étaient dérobés à la vue par les pieds-droits de l’arcade, au milieu de laquelle on peut se la figurer.

1. Foïister, Mon. de sculp., t. I. — Les gravures rapportent ces ivoires sur une grande échelle.

Deux d’entre eux figurent aussi dans les Mélanges archéologiques des PP. Cahier et Martin, IVeyol., pl. XXXIV.

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