Garrucci, VI, pl. CCCCLXII, p
ver des ambons dans les églises, le rite des lectures sacrées parmi les fidèles a toujours existé. La fonction de lecteur suppose un poste particulier dans le sanctuaire, et prouve implicitement l’existence des ambons. Nous prouvons donc l’antiquité de ces tribunes par celle des orateurs auxquels on les destinait.
Les documents relatifs aux lecteurs nous font remonter à une haute antiquité, et doivent être cités ici comme le témoignage de la présence de ces monuments dans les églises primitives. Saint Cyprien qui vivait au milieu du 111e siècle, parle dans sa xxxme épître du confesseur Aurèle et dit qu’il fut ordonné lecteur ; « car il n’y a rien de plus convenable que de « faire servir à la lecture des livres divins, la même « voix qui a glorieusement confessé le nom de Notre- « Seigneur, que de passer de l’échafaud à la tribune « de l’église « (ad pulpitum post catastam venire) » ; « d’avoir paru sur l’échafaud devant toute la troupe « des Gentils et d’être vu de tous nos frères dans le « jubé ; d’avoir été ouï sur l’échafaud avec l’étonne- « ment de tout le monde et d’être entendu du jubé « avec la joie de tous les fidèles ».
Saint Cyprien, dans l’épître xxxiv, parle du confesseur Célérin : « Étant venu vers nous tout couvert des « marques illustres de sa victoire, que pouvions-nous « moins que de le faire monter sur la tribune de l’é- « glise : (quid aliud quàm super pulpitum, idest super « tribunal ecclesiæ oportebat imponi) afin que de ce « lieu éminent où il sera exposé à la vue de tout le « peuple il lise l’évangile et les préceptes de Notre- « Seigneur...., il fallait que la lampe fut mise sur le « chandelier pour éclairer tout le monde, et que de si « grands personnages fussent exposés en un lieu, où « pouvant être vus de tout le peuple, ils inspirent des « sentiments de gloire et de courage dans le cœur de « ceux qui les verront 1 ».
L’auteur des Constitutions apostoliques, parlant des places que les fidèles doivent occuper dans l’église, s’exprime encore ainsi : « Le lecteur étant « debout entre le clergé et le peuple, dans un lieu « élevé, lit les livres de Moïse, de Jésus fils de Navé, « des Juges, des Rois, des Paralipomènes, de Job, de « Salomon, des seize prophètes selon leur rang, puis « nos actes et les épitres de saint Paul 2. » Quoique les savants ne soient pas d’accord sur la ques-