‹ La messe (volume 2)Chapitre 66 sur 245 · Mediœval christianily, p · texte numérisé non relu

Mediœval christianily, p

lis Re (peut-être Rector) et enfin Pleban1. A gauche du pulpito, vers la porte principale, on distingue clairement l’année où ce travail a été fait 1193; cette date ne peut laisser aucun doute, parce que je l’ai relevée moi-même, avec le procédé que vous m’avez indiqué. » La date est ici pour nous la question principale et la certitude qu’elle nous offre satisfait celle du classement de ce monument.

Cet ambon n’était pas un monument isolé dans le pays. Le Dôme de Barga en possède un du même genre, dont nous donnons le dessin. (PI. CCX.) Cette dernière église nous offre un chœur surhaussé et séparé des nefs par un chancel élevé, en marbre, qui traverse l’église entière, et n’est percé que de trois portes, une pour chaque nef2. Ce chancel se compose d’une série de panneaux en marbre de couleur, encadrés par des champs incrustés de dessins. La frise du haut présente une suite de têtes d’hommes et d’animaux variés.

C’est près de cette clôture et à l’extérieur, du côté de l’Épître, qu’est placé l’ambon ; je ne doute pas qu’il n’occupe là sa position primitive et qu’il ne nous fournisse ainsi un argument précieux pour restaurer ceux qui ont été déplacés, comme par exemple au Dôme de Pise; son style d’ailleurs s’accorde trop bien avec le chancel, pour être d’un autre auteur. Ce pulpito repose sur quatre colonnes, dont les deux premières ont leurs bases sur le dos de lions qui terrassent une biche et un homme, les deux par derrière, sur la marche du chancel. Un de leurs chapiteaux est formé de quatre colombes aux ailes déployées, qui signifient peut-être les âmes fidèles se nourrissant de l’Évangile et s’abritant sous son influence salutaire. Au-dessus des chapiteaux, s’étend une frise d’enroulements en incrustations de marbre. La cuve de l'ambon, du côté des nefs, porte à droite Y Annonciation, où l’ange apparaît à Marie pendant qu’elle file, en compagnie de sa servante; la Nativité, où l’on remarque saint Joseph, la Sainte-Vierge étendue près de la crèche, et un ange qui déploie ses ailes au-dessus, l’enfant Jésus dans le lavabo ; de petites rosaces dessinées par des incrustations de couleur ornent les fonds.

1. Le Plebanus est le curé d’une église matrice ou plébanie. On dit encore en Italie il pievano et pour l’église la pieve.

Hemans, Med. christ., p. 281.

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