‹ La messe (volume 2)Chapitre 67 sur 245 · Repetti, Di\ion. geograf., I · texte numérisé non relu

Repetti, Di\ion. geograf., I

AMBONS

Sur le retour, le pupitre est soutenu par un aigle et les attributs évangéliques. Un large quart de rond orné couronne l’édicule entier. Le style de cet ambon, le fait, selon nous, remonter au xne siècle. Les ogives qu’on y voit figurer dans les bas-reliefs ne sont pas une objection contraire, car nous pouvons en citer à Pise de nombreux exemples du xne et même du xi0 siècle.

Vers la fin du xne siècle, les sculpteurs recherchèrent comme une ornementation facile, les incrustations de marbre de couleurs mêlées aux reliefs ; l’ambon de Barga nous ena offert un spécimen et nous en trouvons à San-Leonardo-in-Arcetri un second trèsremarquable.

A une petite distance des murs de Florence, hors la porte Saint-Nicolas, on trouve dans la campagne une église dédiée à san Leonardo. C’est là qu’on transporta, en 1782, l’ambon qui se trouvait à San- Pietro-Scheraggio, l’église qu’on démolit à cette époque. On prétend qu’il provient originairement de Fiesole ', et qu’il fut porté à Florence au commencement du xPsiècle, mais son style ne permet pas d’adopter cette tradition. Dans ces translations le monument dût souffrir notablement ; l’encadrement du bas-relief qui représente la Nativité, la corniche formant linteau au-dessus des colonnes ont disparu; malgré ces mutilations, ilfournit encore une belle page de l’histoire des ambons. Il est carré, et soutenu par quatre colonnes ; les deux chapiteaux de devant sont corinthiens et paraissent anciens ainsi que les bases. (PL CCIX.)

Mages. | Jessé.

En commençant à droite, nous trouvons d’abord un bas-relief représentant la Nativité , la Madone couchée près de la crèche, le bœuf, l’àne, et au-dessus,

1 . L’histoire de la destruction de cette ville par les Florentins en 1012, est fort contestée; Fiesole avant cette date faisait déjà partie du diocèse de Florence ; la cathédrale actuelle fut bâtie en 1028, après que l’ancienne, située à micôte de la colline, eut été transformée en abbaye.

comme au portail de Notre-Dame de Paris, une troupe d’anges dans un cercle. A droite, saint Joseph assis, dans le bas, l’ange annonçant l’heureuse naissance aux bergers qui jouent de la trompe et de la guitare; l’étoile est dessinée en incrustations de marbre noir. Le bas-relief qui suit, figure la Déposition de croix dans la forme hiératique ; Joseph reçoit le corps divin dans ses bras, pendant que Nicodème arrache les clous et que Marie et Jean baisent les mains du Sauveur ; leurs noms sont écrits au-dessous. En haut, deux anges font des gestes d’adoration douloureuse ; des plantes dessinées en marqueterie de marbre blanc sur noir remplissent le fond. Une vigoureuse moulure, ornée de feuilles délicates, encadre ce tableau et sur le champ inférieur on lit ce vers :

-j- ANGELI PENDENTEM DEPONUNT CUNCTA REGENTEM.

Le premier bas-relief sur la face principale contient l’arbre de Jessé; le patriarche étendu et endormi, laisse sortir de son côté les rameaux sur lesquels sont assis le Sauveur et sa Mère ; dans les angles, quatre prophètes, parmi lesquels le roi David couronné, tiennent des légendes. Le second bas-relief concerne l 'Adoration des Mages ; la Sainte-Vierge assise leur présente le divin Enfant, saint Joseph est debout par derrière ; deux des Mages sont couronnés, le troisième porte sur la tête une sorte de mitre orientale; dans le fond s’ouvre une riche architecture. Ces deux panneaux sont séparés par des champs ornés de marqueterie de marbres mais taillés dans le même morceau ; sur le champ inférieur on lit ces deux vers :

TRES TRIA DONAT ERUNT TRINUM SUBSIDERE QUERUNT NOBIS ADMIXTUM CERNUNT ANIMALIA CHRISTUM

Sur la troisième face nous trouvons h Purification, le temple représenté par trois riches arcades, au milieu un autel éclairé par une lampe, saint Joseph, Marie, le Sauveur dans les bras de Siméon et Anne la prophétesse. Nous voyons ensuite le Baptême, Notre-Seigneur sous la colombe, à gauche saint Jean- Baptiste, à droite les deux anges, dépositaires des vêtements de Jésus. Une corniche très-complète et très-riche avec modifions, denticules, oves, couronne l’édicule '.

Rumohr attribue avec raison ces sculptures au xiic siècle ; on ne peut devant leur style les faire

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