De Dartein, pl. XXV, p
le lion. D’après le caractère des sculptures de l’ambon, M. de Dartein y voit un ouvrage du xi° où xiie siècle.
M. le comte Trotti nous signale dans le musée de Ferrare deux bas-reliefs en marbre qui proviennent de l’ambon de la cathédrale au xne siècle *.
Dans l’île d’Orta, près d’Ivrée, s’élève un ambon en marbre noir d’un beau travail et qui peut appartenir à l’époque que nous étudions.
La plus remarquable sculpture du Dôme de Parme, fut exécutée 6111178 pour le pulpito, mais elle se trouve maintenant dans le mur d’une chapelle. L’auteur, Benedetto Antelami, fils d’un notaire, était né à Parme au milieu du xn° siècle. Le sujet représente une déposition de croix, il est traité avec un sentiment et une dignité qui rachète les défauts du dessin. On y voit une belle allégorie du judaïsme détrôné dans une figure portant une espèce de mitre avec ces mots au-dessous : Synagoga deponitur. Elle est menacée par un soldat et poussée vers la croix par un ange volant; au-dessus de ce groupe on lit les mots du centurion : Vere isle Filius Dei est 2.
Nous trouvons aussi en France, au xn' siècle, des constructeurs d’ambons. Suger, élu abbé de Saint- Denis en 1152, parle dans le livre concernant les ouvrages qu’il y fit faire/sous son administration, du rétablissement de l’ambon de l’Évangile : « Pulpitum « etiam antiquum quod admirabile tabularum eburne- « arum subtilissima, nostrisque temporibus irrepara- « bili sculptura et antiquarum historiarum descrip- « tione humanam æstimationem excedebat, recollectis « tabulis, quæ in arcarum et sub arcarum repositione « diutius fædabantur, refici, dextrâque parte resti- « tutis animalibus cupreis, ne tanta tamque mirabilis « deperiret materia, ad proferendum superius sancti « lectionem erigi fecimus 3. »
D’après cette description, nous devrions peut-être classer ce monument parmi ceux du vu0 siècle. Je ne doute pas que ces tablettes d’ivoire ne fussent de l’origine de l’abbaye, peut-être même tout à fait antiques. Comme l’avance Suger, il n’aurait pas de son temps trouvé d’ouvriers capables de travailler avec cette finesse, et les ouvrages que nous possédons encore du xii* siècle, nous prouvent la trop