I. Bull, mon., 1870, p
« étoffe de lin ou de soie, pour signifier la flexibilité « des cœurs chrétiens »
Voici encore un texte important sur le même sujet, dont nous devons communication à Mgr Barbier de Montaulf. Ce coutumier de l’église du Puy dans son ensemble parait remonter assez haut dans le moyenâge, au moins au xme siècle, seulement la copie que l’on en a ne remonte pas au delà du xvne ou peutêtre même du xvm° siècle.
« Le Christ enseignait sur les montagnes; sa doctrine est éminente, et l’Évangile s’annonce dans des lieux ouverts et non dans des retraites cachées comme font les hérétiques : « Subdiaconus cantaturus epis- « tolam vadit ad ambonem a parte sinistra et facie « versa ad altare cantat epistolam a parte dextra. — ■ « Diaconus cum subdiacono cantaturus Evangelium « vadit ad ambonem a parte dextra et facie versa ad « altare cantat Evangelium a parte sinistra. — Et licet « romana Ecclesia huncritum non servet sed in piano « presbiterii Epistolam et Evangelium cantet, nos- « tra tamen consuetudo valde rationabilis est 2 : « i° Quia Christus docturus turbas ascendit in mon- « tem ; 2° quia doctrina Evangelii est eminentis- « sima ; 30 quia Evangelium annuntiatur in loco « patenti et conspicuo, non in latibulis, ut hæretici « faciunt. — In eo etiam ambone sedent episcopus, « dignitates, personatus, canonici et clerici, quisque « in suo ordine, dum habetur concio. »
Nous n’avons presqu’aucun document sur les ambons du xme siècle en France; si nous en croyons les images du moyen-âge qui nous restent, les ambons y furent alors plus simples que ceux d’Italie; ils se composaient d’une caisse de bois élevée de une ou deux marches, peu décorées et ouvertes par derrière. Nous en avons dessiné un de ce genre sur les vitraux de Bourges, qui nous montre un évêque tenant une croix à la main et prêchant une assemblée de fidèles. On peut en voir aussi un exemple dans les verrières d’Auxerre ; tout le riche tapis qui en recouvre les bords est une tribune qui semble maçonnée et que supportent des arcades ou des degrés. Nous signalons aussi à ce propos le Tite-Live manuscrit de la bibliothèque de Bordeaux. Un manuscrit de la Bibliothèque nationale (fonds latin, 5 286)nous fournit les
r. Rat., trad. de Barthélemy.
2. Je n’ai pas besoin de dire que je ne m’associe aucunement à ce témoignage de supériorité que l’église du Puy se décerne ici sur l’Église romaine; mais le document est intéressant pour comprendre les idées symboliques répandues partout alors.