‹ La messe (volume 2)Chapitre 76 sur 245 · XIII' SIÈCLE. - BAPTISTÈRE DE PISE · texte numérisé non relu

XIII' SIÈCLE. - BAPTISTÈRE DE PISE

leur est donné. Je ne dirai pas que tout est de mérite égal dans ces sculptures, mais je puis affirmer qu’on y voit des traits d’une grande beauté; j’attire l’attention spécialement sur l’Hercule qu’on dirait, à l’énergie et à la correction du dessin, arraché d’un basrelief antique ; sur l’ange si richement vêtu qui décore aussi un des angles; enfin, et surtout, je recommande le panneau de la Purification qui me semble posséder des qualités supérieures.

La Sainte-Vierge qui vient de confier son divin fils à Siméon est d’un beau caractère ; enveloppée dans les plis d’un large manteau, elle ressemble par son calme et sa dignité aux matrones romaines dont les sculpteurs antiques nous ont laissé tant d’images; l'attitude du Sauveur, partagé entre le regret de quitter sa Mère et la confiance qui le livre au saint vieillard, exprime cette doublepensée. Le visage deSiméon encadré par les boucles d’une épaisse chevelure est majestueux et les plis de son manteau sont d’une correction qui prouve la copie de la nature. Sa physionomie respire un calme profond, et derrière lui, par une antithèse bien choisie, Anne s’agite sous l’esprit prophétique qui la domine. Dans l’angle à droite du tableau, Nicolas a sculpté d’après le vase grec, un personnage d’une mâle et imposante attitude dont un enfant soutient le bras.

Après avoir admiré cette chaire dans son ensemble et dans ses multiples détails, on trouve que l’inscription gravée sur le listel de la corniche n’exagère pas les louanges d’un tel ouvrage :

ANNO MILLENO BIS CENTUM, BISQUE TRICENO HOC OPUS INSIGNE SCULPSIT NICOLA PISANUS 1 LAUDETUR DIGNE TAM BENE DOCTA MANUS

L’escalier actuel, quoiqu’il soit composé de fragments anciens et modernes, a été retouché par notre regretté ami M. Bellini lors de la restauration de la chaire; je ne saurais dire quel en était jadis l’accès, la question des escaliers pour ces sortes d’ambons est difficile ; à Sienne, le magnifique escalier que la renaissance construisit semble indiquer que les ouvriers qui respectèrent avec tant de soin les sculptures de Nicolas, n’en trouvèrent aucun sous leur main ; au Dôme de Pise, un escalier s’enroulait autour des colonnes de la nef. Cette absence d’escaliers laisse supposer que souvent les lecteurs n’y parvenaient que par des escabeaux de bois, recouverts de tapis les jours de fête et qu’on retirait les jours ordinaires de manière à protéger le monument en le rendant inaccessible. N’est-ce pas dans cette pensée, qu’à San-Miniato de Florence, qu’à Assise, l’escalier disposé à l’abri des chancels était protégé contre les indiscrétions du public i'f

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