Pour cette chaire on peut consulter
Hemans, Mediaev. christ., 561.
Milanesi, lArte Sanese, I, 145.
Okely, Christian, arch. in Ilaly.
Perkins, T use. sculptors, lheir lives, uork and Times,
Rohault de Fleury, Mon. de Pise, p. 135.
AMBONS
A peine Nicolas achevait-il l’ambon de Pise, que la République de Sienne le conviait à répéter ce trait de génie en faveur de son Dôme. (PI. CCXIII.)
L’illustre P. Lacordaire admirait cette chaire : «Je « l’ai, disait-il, transportée par la pensée à Notre- « Dame, ces choses-là ne sont pas indifférentes à « l’éloquence, tant s’en faut. » Le grand orateur était bien digne d’admirer une telle tribune, qu’on peut considérer comme le chef-d’œuvre de l’école pisane. Cet ambon est plus vaste que celui du baptistère de Pise; il a huit côtés au lieu de six ; il est soutenu au centre par une colonne montant jusqu’en haut et s’appuyant sur le groupe des arts libéraux, et aux huit angles par des colonnes qui posent alternativement parterre ou sur des lions. Un des lions terrasse un cerf, le second un cheval, puis vient une lionne qui allaite ses petits. Cigognara fait remarquer (III, 190), à quel degré de perfection Nicolas venait tout à coup de pousser la sculpture, il observe que ces lions si différents de ceux que la Toscane nous montrait dans ces sculptures antérieures prouve que leur auteur avait copié la nature.
Les colonnes en beau marbre rouge parfaitement poli, se terminent par des chapiteaux richement refouillés; on y voit des feuilles capricieusement tourmentées sur lesquelles des oiseaux becquètent les volutes. Au-dessus et dans l’intervalle des arcs, de petites cariatides figurent les principales vertus : la Foi, l’Espérance, etc.
Les tympans et le listel de la corniche sont ornés de verre doré.
Nous arrivons ensuite aux bas-reliefs qui entourent la tribune du lecteur :
10 En partant de l’escalier, nous trouvons dans le même panneau la Visitation, la Sainte-Vierge et sainte Élisabeth devant un petit temple; puis, la Nativité de Notre-Seigneur et le lavabo de l’Enfant, tableau qui ressemble singulièrement à celui que Nicolas venait de composer pour Pise et qu’il surpasse par la hardiesse du ciseau. Marie, couchée auprès de la crèche, occupe le milieu de la composition déjà soumise à une étude raisonnée. Des figures d’anges ou de saints se dressent sur les angles et séparent les différents panneaux.
20 Nous continuons d’examiner ces belles dalles de marbre, comme on tourne les feuillets d’un poème; voici les Mages; ils se mettent en route; ils quittent leurs pays, leurs demeures figurées par un petit temple et des arbres plantureux et traversent
les déserts pour courir vers le Sauveur; ils sont accompagnés d’une escorte princière; en avant, des esclaves conduisent les chameaux chargés de leurs présents, des lévriers bondissent sous les pieds de leurs chevaux. Tous trois couronnés, ils représentent par les traits de leur physionomie les différents âges de la vie; leur costume et le harnachement des chevaux sont ornés de broderies; ils portent la tunique et le manteau retenu par une agrafe sur la poitrine ou sur l’épaule. Ils parviennent enfin au but de leur pèlerinage; l’étoile, sous les traits d’un ange qui leur désigne du doigt l’Enfant divin, s’arrête; ils s’inclinent devant Marie qui l’offre à leurs adorations et les regarde d’un air joyeux. Le plus vieux agenouillé a déjà fait son présent au Sauveur qui le tient entre ses mains et les deux autres s’apprêtent derrière lui à l’imiter. Que de choses dans un cadre si restreint! Qu’elles sont bien exprimées avec science, avec foi, avec poésie! Depuis l’extrême orient jusqu’à la demeure du Sauveur, ces vastes distances se trouvent renfermées ici dans d’étroites limites, de si nombreux personnages sont groupés sans confusion, des scènes si diverses mêlées et cependant distinctes.
30 Le troisième tableau est consacré à la Présentation et à la fuite en Égypte. Dans le fond, à gauche, est représenté le temple de Jérusalem, charmant édifice ogival qui prouve, si nous ne le savions d’ailleurs, que Nicolas n’excellait pas moins comme architecte que comme sculpteur. Cette Purification, toutefois, me semble inférieure à celle de Pise, la Madone est lourde, l’Enfant ne se livre pas à Siméon comme dans les plus belles représentations de cette scène où il s’abandonne tout en jetant sur sa Mère un regard de regret ; Siméon n’a pas l’attitude digne que nous trouvons dans la plupart de ces bas-reliefs : ce groupe semble moins appartenir à Nicolas que ce qui l’entoure.
A droite du bas-relief, pendant qu’Hérode entouré de ses conseillers trame la mort du Sauveur, l’ange avertit Joseph; Marie montée sur un âne et tenant l’Enfant dans ses bras fuit vers l’Égypte.
4° Dans le quatrième bas-relief nous retrouvons le génie de l’auteur, les scènes de carnage ordonnées par Hérode y sont tracées à l’antique. La lutte entre les malheureuses mères et les soldats qui veulent leur dérober les enfants a inspiré au sculpteur des traits magnifiques.
La figure d’angle rappelle le Sauveur foulant aux pieds l’aspic et le basilic.