Perkins
Milanesi, Arte sanese, I, 145.
Refetti, Di{. geog.
Marrucci, Lett. part.
AMBONS
Onze sujets, dont un coupé en deux, décorent la cuve de cette chaire. Sur le côté gauche : Y Annonciation : grand ange aux ailes ouvertes et abaissées ;
— La Visitation : les deux saintes femmes se prennent la main. — Nativité et Adoration : le lavabo de l'enfant Jésus, les Mages sans couronne; accumulation et groupement de figures comme aux sarcophages antiques. Sur la baie principale. Lavement des pieds : les douze apôtres dont trois seulement sont imberbes, aucun nimbe, même au Sauveur.
— Crucifiement : Jésus crucifié avec trois clous, sur un arbre ébranché et dont les traverses forment une espèce d’Y ; au pied de la croix le crâne d’Adam. A la droite de Jésus : Marie, saint Jean, foule de disciples et de femmes, à sa gauche : Longin, soldats, Juifs; saint Jean et la Sainte-Vierge se donnent la main. - Ensevelissement : Madeleine embrasse la main gauche de Jésus; Marie désolée se précipite sur son corps; les trois Marie s’arrachent les cheveux de désespoir; une quatrième femme s’efforce de relever la Sainte-Vierge. Les trois gardes sont déjà endormis à la base du tombeau. — Descente aux enfers : Jésus- Christ sans nimbe, prend la main du vieil Adam, derrière lequel Ève est agenouillée; il foule aux pieds Satan terrassé et se prépare à délivrer les justes, parmi lesquels plusieurs sont couronnés.
Sur le côté latéral droit: — L 'Ascension: Jésus- Christ dans une auréole ovale que tiennent des anges. Deux anges sonnent de la trompe. Dans le bas Marie et treize personnages debout regardent le Sauveur monter. — Pentecôte : les douze apôtres sans la Sainte-Vierge ; le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe qui ressemble plutôt à un aigle. — Mort de Marie : douze apôtres, deux anges, et le Christ tenant l’âme de Marie sous l’aspect d’un enfant emmaillotté; un jeune apôtre présente l’encensoir à saint Pierre. — Jugement dernier : à l’angle gauche, Jésus- Christ dans une auréole ovale, en présence de trois apôtres debout, à l’angle droit trois apôtres également debout.
Au milieu de la face principale, on voit un groupe que les Grecs appellent tétramorphe, parce qu’il réunit en une seule quatre figures qui sont les quatre attributs des évangélistes. L’aigle domine l’ange, lequel a le lion à sa gauche, le bœuf à sa droite. M. Didron 4, à qui nous empruntons une partie de cette description, pense que les Italiens se trompent
i. iAnn. arcb., XVII, 318.
dans l’ordre où ils rangent ces symboles. L’ange est habillé en diacre, il porte ladalmatique, l’étole croisée à la manière grecque et le manipule. Il semble remplir l’office des diacres et tient sur sa poitrine le livre des Evangiles qu’on va lire au peuple. Les groupes d’anges doivent offrir d’un côté les prophètes et de l’autre les apôtres qui ont écrit des lettrescanoniques ; celui qui est le plus en évidence a la physionomie de saint Paul; il tient un livre et a les pieds nus, indices de l’apostolat.
L’ambon est muni sur le dessus du parapet de trois pupitres, un pour l’Évangile, un pourl’Épitre, un troisième peut-être pour les prophètes. Je ne sais pourquoi on l’a surmonté depuis quelques années d’un lourd appui de bois qui produit un effet disgracieux.
Vasari attribuait cet ambon à un Allemand, Morrona à Jean de Pise, mais on a découvert, il y a une trentaine d’années, dans les archives de la cathédrale, des documents qui indiquent un certain Guglielmo comme son auteur et l’année 1270 pour l’époque de sa construction. Il est probable que ce Guillaume est le Fra Guglielmo da Pisa Domenicano qui travaillait avec Nicolas au tombeau de saint Dominique ’.
L’antique église de Sant- Andrea de Pistoja possède un ambon qui passe pour un des meilleurs ouvrages de Jean de Pise ; son architecture est assez semblable à celle du pulpito de Nicolas au baptistère de Pise. (PI. CCXIV.) Les cinq bas-reliefs qui occupent le parapet rappellent la Nativité, l’adoration des Mages, le massacre des Innocents, le crucifiement, le jugement dernier; on compte cent quarante-huit figures dans les sculptures de cet étroit pulpito; les figures des bas-reliefs sont environ om 2 5 , les cariatides des angles om 60. On distingue dans un seul panneau jusqu’à trentehuit personnages sans aucune confusion. Tigri 2 admire surtout le massacre et le crucifiement, ces deux extrémités sanglantes de la vie du Sauveur; il remarque le savant contraste que le sculpteur a su mettre entre le désespoir des mères et la férocité des bourreaux. Il recommande aussi dans le crucifiement la scène de l’évanouissement de Marie, les saintes femmes qui la soutiennent, saint Jean qui détourne la tête par un geste de douleur et le naturel des physionomies. J'avoue ici préférer infiniment, le même sujet