Thiers
S’il était permis de citer ici un édifice d’architecture civile, les parapets du Ponte Salara près de Rome, bâti par Narsès (f 547) nous offriraient un curieux exemple de chancels; nous y voyons pour tout ornement des rosaces et des dessins géométriques.
2. Mgr Barbier de Montault pense que les monogrammes du Christ lorsqu’ils sont accostés de deux croix sont un symbole de la Trinité et une protestation anti-arienne.
CHANCELS.
Église supérieure de Saint- Clé rue ni. — État actuel. — En arrivant devant la belle porte, nous trouvons à droite et à gauche deux grands panneaux retouchés au xne ou xine siècle dans le style des Cosmati. Les champs ont été incrustés de mosaïques. Le monogramme central dans une couronne de lauriers et les deux croix latérales ont été effacés et remplacés dans le nouveau goût par des disques de marbre et de mosaïques, les croix de droite par des rectangles aussi en marbre de couleur. Les rubans du bas ont été épargnés, et on retrouve facilement encore des traces de croix; nous verrons ce même motif intégralement conservé dans d’autres panneaux. On observera ici que la cimaise qui devait la surmonter a été transformée en moulure de base. Les pilastres de ces deux panneaux ornés aussi de mosaïques paraissent de l’époque de ces transformations, ainsi que la moulure à deux tores qui forme base.
Après avoir franchi le seuil de l’enceinte, nous voyons à l'envers de ces panneaux : au premier deux losanges avec croix, dans le second deux losanges avec feuilles au milieu. En continuant notre examen du côté de l’Épitre, le premier compartiment qui s’offre à nous (im 88) est orné vers l’intérieur de deux losanges et à l’extérieur d’une couronne rubanée et accostée de deux croix. Le pilastre qui suit porte des rinceaux, et, dans le carré du haut, un oiseau quibecquète une graine, — son panneau porte deux disques avec croix latines inscrites dans leurs cercles, de larges moulures d’encadrement, rien à l’envers; un pilastre avec torsades est orné dans le carré du haut d’un poisson.
Nous parvenons ici à l’ambon de 1 ’ Épitre. Les savants doivent être unanimes à lui attribuer comme à celui de l’Évangile une date fort postérieure aux chancels juxtaposés. Les marbres, les moulures sont différents, et de plus les constructeurs y ont introduit des panneaux semblables à ceux précédemment décrits, en les coupant haut et bas et en authentiquant ainsi par ces grossières mutilations l’antériorité des marbres qu’ils mettaient en œuvre sans les respecter. Sur le devant de l’ambon on remarque deux disques crucifères semblables aux précédents et par derrière deux losanges. Le reste des marbres qui le composent est uni. (PL CC.)
Lorsque cet ambon est dépassé nous retrouvons les anciens chancels complets. Un pilastre avec rinceaux, un panneau avec deux disques crucifères à 1 Intérieur, deux losanges feuillagés au dehors; un
pilastre orné de rinceaux sortant d’une corne d’abondance et dans le haut d’un vase ressemblant aux godets des lustres antiques. Le panneau qui suit porte un monogramme à l’intérieur et deux losanges crucifères au dehors. Le pilastre accompagne la porte d’entrée latérale.
On ne conçoit pas comment on a pu autrefois prendre ce chœur pour une œuvre originelle, lorsqu’à chaque instant on y rencontre d'anciens fragments jetés dans la construction? Au-dessous des panneaux susdits, on remarque dans la plinthe un pilastre d’angle finement cannelé, d’abord fruste, puis garni de canaux avec doubles filets; sur l’autre face qui aujourd’hui est verticale, on voit un plus grand nombre de cannelures, mais plus fines.
Avant de décrire la clôture du presbyterium, achevons celle de la schola-cantorum et passons à la porte latérale vis-à-vis (côté de l’Évangile).
Le premier panneau à main gauche est tronqué, il n’a plus que om 87 de large; il porte à l’intérieur un disque crucifère, de l’autre face un losange entrelacé dans un carré et accosté de deux autres losanges crucifères plus petits; le dernier de ces losanges vers la porte a disparu dans la coupure du marbre. C’est sous ce panneau que le P. Mulloolya découvert l’ancien épistyle du ciborium dont nous avons déjà parlé. Le panneau suivant porte en dedans deux disques crucifères et des losanges en dehors.
Ici intervient l’ambon de l’Évangile, absolument étranger par son style, ses marbres et sa construction aux chancels que nous décrivons.
Deux panneaux nous restent à examiner pour terminer le circuit de la schola-cantorum. L’un porte en dedans deux disques crucifères, et en dehors des losanges, également garnis de croix, l’autre des losanges crucifères à l’intérieur et un monogramme à l’extérieur.
La porte sainte qui met en communication la schola-cantorum avec le sanctuaire est accompagnée à droite et à gauche de deux transennes d’un travail admirable ; leur marbre dans le milieu est découpé en entrelacs à jour ; ce filet en mailles délicates est encadré dans une triple bordure de perles, d’oves et d’entrelacs. A droite on trouve un pilastre à dessins réguliers, un panneau portant monogramme, et sur le revers deux losanges feuillagés, un second panneau avec monogramme sur le devant et deux losanges crucifères sur le revers; un troisième avec losanges crucifères par devant et disques crucifères par derrière ; ce