VI* SIÈCLE. — ROME. — SAINT-CLÉMENT
dernierest coupé et n’a plus que im 22. Ici s’ouvre une porte dans le collatéral du nord, qui est plus étroit que celui du sud ; le dernier panneau nous offre une surface unie en avant et un disque fruste au revers. La mutilation des panneaux coïncide dans cette nef d’une manière remarquable avec son rétrécissement dans le nouveau plan qui n’eut pas lieu dans la nef opposée.
Reprenons la description vers la gauche de la porte sainte : après le panneau ajouré, on trouve deux panneaux égaux portant un monogramme et des losanges ; ensuite le chancel se coude jusqu'à la colonne de la nef, raccord qui se fait au moyen d’une transenne en forme de treillis, moins riche que les précédents; le rang d’oves et de perles n’y figure pas. Le premier panneau nous offre en avant deux losanges crucifères sur la face et deux disques crucifères au revers; après la porte, le second panneau a trois losanges de front, un au milieu entrelacé dans un carré et deux de côtés avec croix sur un cercle; sur le revers, disques crucifères.
Derrière ce chancel, le sol s’élève d’abord de deux marches et un second perron de trois marches conduit au presbyterium, au banc des prêtres, au trône •pontifical et à l’autel élevé sur une confession. L’élévation du sol a forcé de dresser ces chancels sur une haute plinthe tandis que leur complète similitude avec ceux de la schola-cantorum prouve qu’ils étaient primiti veulent au même niveau.
Ces clôtures d’après le monogramme qu’on lit sur plusieurs d’entre eux étaient autrefois attribuées au règne du pape Jean VIII (872-882); on rapprochait ce sigle des monnaies de ce pontife pour en conclure l’identité d’époque. On ne peut douter en effet qu’il ne s’agisse d’un Joannes, mais on doit plutôt croire que c’est le Joannes Mercurius, donateur du ciborium de l’autel. Le P. Mullooly et M. de Rossi ont, sans l’affirmer, proposé cette interprétation; au vi' siècle, les monogrammes des noms propres n’étaient pas d’un usage moins fréquent qu’ils le furent au ix° siècle du temps de Jean VIII ’.
Le choix, comme on le voit, est donc posé entre le vie et le ixe siècle; j’espère avoir trouvé une preuve péremptoire en faveur du premier. Dans l’antique église de Sant-Apollinaire-in-Classe, près de Ravenne, on se rappelle que nous avons gravé parmi nos ciboria celui qu’un prêtre du nom de Pierre érigea