Moran, Essays on the origine of the church Irish
plupart des documents de l’ancienne liturgie ont péri; il reste cependant encore assez de fragments pour prouver l’identitédu culte originel avec celui d’aujourd’hui h Le manuscrit connu sous le nom de Stowe-missal est un des plus remarquables qui nous soit parvenu. Sa couverture d’argent et ses ornements ont été l’objet d’une dissertation du D1' O’Connor2. Il n’est pas impossible que ce missel ait appartenu à saint Ruadhan, le fondateur du monastère de Lothra, qui mourut en 584. Si on nous permet d’entrer dans ces détails, nous y verrons la messe commençant par les litanies des saints, ensuite le Gloria avec la collecte et la leçon de la première épître aux Corinthiens relative à la sainte Eucharistie. On y trouve le Credo et, ce qu’il y a de plus remarquable, les paroles de la consécration et une prière au memento des morts exactement pareille au canon romain. C’est assurément un éloquent témoignage de la foi au viu siècle. Après la messe quotidienne, ce missel nous offre la « missa apostolorum, missa martyrum, missa sanctorum et sanctarum virginum, missa pro pœnitentibus vivis, missa pro mortuis.»
Le chef des O’Donnell possède un psautier qu’on dit avoir servi à saint Columba (f 597) et qu’il a déposé à l’Académie royale d’Irlande. Il est écrit en ronde, les initiales dominent le texte courant, mais d’une façon peu accusée et sans grands ornements. Il n’a pas d’entrelacs, les extrémités des lettres se terminent entêtesdedragons. La grande vénération qui l’entoure et qui le fit au xe ou xie siècle relier dans une couverture d’argent, semble justifier la tradition pour l’antiquité de son origine. On le considérait au xve siècle comme une relique si précieuse et qui inspirait une telle confiance, qu’on le portait encore dans les combats en guise de labarum. Son gardien le tenait sur sa poitrine et faisait ainsi trois fois le tour de l’armée 3.
Saint Columba devait avoir sous les mains de riches manuscrits, car il donnait à ses religieux l’exemple comme le précepte des travaux du scriptorium 4.
L’histoire du roi Arthur portant l’évangéliaire
1. Moran, Essays on the origine of the church Irish., p. 1 36.