Réserve, 114, fonds latin
4. On a dit que leur style était conforme aux ivoires de la chaire de Ravenne. Leur grossièreté me semble les éloigner de ces beaux bas-reliefs et les faire descendre d’au moins un siècle.
5. Presque tous ces sujets ont été gravés dans l’ Évangile ou la Sainte Vierge.
Voyez latin, 9384, réserve exposée, 263.
Lenormant, Trésor de clypt. et de nnmis., part. II, p. 5, PI. ix et xi.
Garrucci, PI. dlviii.
de cette ville. Mgr Barbier de Montault1, pour des raisons plausibles, le croit du vne siècle et d’origine romaine.
On lit, dans l’histoire de saint Cuthbert, que lorsqu’on voulut transporter ses reliques en Irlande (698-721) pour les soustraire aux dévastations danoises, un évangéliaire, pendant une tempête de la traversée, tomba à la mer et fut retrouvé miraculeusement. Ce manuscrit, aujourd’hui dans la Bibliothèque Cottonienne, a dû subir dans sa composition une certaine influence byzantine, comme le prouve le mot ây.oç 2 employé pour désigner les saints; si le coloris y est faible, le trait est d’une grâce, d’une précision et d’une finesse singulières. Le vénérable évêque Eadfrith, ou Egbert, l’avait écrit de sa propre main en l’honneur de saint Cuthbert; son successeur, Ethelwold, l’avait fait orner d’or et de pierreries. L’anachorète Bilfrith l’avait complété. Ils laissèrent ce chefd’œuvre d’orfèvrerie et de calligraphie comme un témoignage de leur amour de Dieu et de leur dévotion pour le saint confesseur*3.
Lorsque nous voyons les évêques mettre la main eux-mêmes à la copie des livres saints, nous pouvons penser combien l’art de la calligraphie était développé en Angleterre. C’est ainsi que saint Babolein et saint Eustase donnaient personellement l’exemple dans les cloîtres irlandais; que Hildgrim, qui devint sur le continent évêque d’Halberstadt, transcrivit dans sa jeunesse les homélies de saint Grégoire sur Ezéchiel. Saint Dégà, évêque irlandais, était chef d’atelier de Saint-Kieran ; on prétend qu’il fabriqua 3oo cloches, 3oo crosses, et transcrivit 3oo évangéliaires 4.
Vers la même époque, un copiste irlandais du nom de Laurent se fait connaître par l’acrostiche joint à son évangéliaire que possédaient les moines de Saint-Arnoul de Metz avant la Révolution.
Saint Wilfrid(-J- 709) avait fait exécuter une copie des Evangiles en lettres d’or sur fond de pourpre pour l’église de Ripon; il l’enferma dans une cassette d’or garnie de pierres précieuses 5.
Le musée de Kensington possède un évangéliaire