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grande estime, que saint Bernard l’envoya copier comme un des plus authentiques qu’il connût.
A partir du vne siècle, on voit poindre sur les manuscrits du service divin de l’Eglise latine, ce genre d’ornementation qui devait recevoir de si richesdéveloppements.DéjàleMï.mi/e.Fra/îcorzmt, Missale gothicum, sacramentarium gallicamim de la Bibliothèque Vaticane, précieux monuments du viii° siècle venus originairement de l’abbaye de Eleury, présentent des lettres timidement ornées1. A l’évangéliaire de la Bibliothèque Cottonienne, ces deux manuscrits n’empruntent pas leurs ornements à la nature, ce ne sont que des enroulements délicats et compliqués formés avec des points à l’encre rouge.
La renaissance de l’art calligraphique semble venir du Nord, et elle se personnifie d’abord dans Alcuin, qui en fut un des promoteurs le plus célèbre. Il était lui-même un calligraphe de premier ordre, et n’avait pas seulement appris cet art en Angleterre, il s’y était formé en Italie devant les peintures des livres grecs. Issu d’une ancienne famille anglo-saxonne, il avait accompagné, dès sa jeunesse, l’archevêque d’York, Egbert, qui se rendait à Rome, et dès l’année 766, il avait pour mission d’acheter dans cette ville les beaux livres qu’il y pourrait rassembler.
Alcuin ne s’est pas contenté d’écrire les livres, il a fait des vers dans lesquels il donne des conseils aux scribes, et où il exalte leur travail : « Ils « sont là, assis, écrivant le code de la loi sainte et « les paroles sacrées des Pères. Qu’ils prennent « garde d’y intercaler leurs propres paroles frite voles, erreur où peut tomber une main trop « rapide ; qu’ils recherchent avec soin les livres « soigneusement corrigés, et que la plume volante « s’avance sur un sentier droit. Qu’ils distinguent « le sens et posent les points dans leur ordre con- « venable. Que le lecteur dans l’église, devant les « pieux frères, ne lise rien de taux, mais plutôt <s. qu’il s’arrête tout à coup. C’est un ouvrage « excellent d’écrire les livres sacrés, ouvrage qui .c ne manque pas de récompense. Il vaut mieux « écrire des livres que de cultiver des vignes, car « les vignes c’est pour le ventre, les livres pour « l’àme. Le maître qui lit les paroles sacrées des