Mai, Vet. script, nova coll., t. V
LIVRES LITURGIQUES
Ce même prince 1 donna à l’église de Monza un sacramentaire grégorien dont la couverture est un chef-d’œuvre. Elle se compose, sur ses deux faces, de feuilles d’ivoire ajourées se détachant sur un fond vermeil. Des lions, des animaux fantastiques se jouent au milieu de fleurons. La bordure en filigrane est rehaussée de perles 2. On reconnaît l’approche du xe siècle à la proportion allongée du livre.
Les évêques s’occupaient des livres que doivent avoir les ecclésiastiques et que le changement de liturgie rendaient nécessaires3.
Hincmar, dans ses capitulaires, s’inquiétait de leur usage: « quos et quot libros habeat, aut si « bene sint recitati » 4.
Une foule de scribes, de la plus grande habileté, se levèrent alors pour répondre aux demandes des évêques et satisfaire les besoins nouveaux de la liturgie. On a conservé les noms de plusieurs d’entre eux 5.
Nous nous sommes occupé déjà, à propos de l’iconographie de la messe, du sacramentaire de Drogon c; nous ne pouvons oublier de le mentionner de nouveau, non plus pour les renseignements que nous valent ses bas-relifs et ses miniatures, mais pour le monument liturgique qu’il constitue en lui-même. (PL IV et suivantes.)
Dans la chronique de Saint-Riquier, on parle d’une capsa d’évangéliaire en argent avec pierreries 7. On y lit aussi8 : « Evangelium unum auro « scriptum cum tàbulis argenteis auro et lapidibus « pretiosis mirifici paratum unum; aliud Evan- <c gelium plenarium unum. »
Nous avons déjà largement puisé dans le beau sacramentaire d’Autun;nous nous contenterons de rappeler ici l’intérêt qu’il mérite en lui-même cemme l’un des plus imposants monuments liturgiques qui nous soit resté du ixe siècle9. (PI. VIL — CLIX, CLX.)