‹ La messe (volume 3)Chapitre 120 sur 341 · Bibl. nat., latin · texte numérisé non relu

Bibl. nat., latin

IXe SIÈCLE.

Reims, donna à l’abbaye de Hautvilliers, et qui est présentement à la Bibliothèque d’Épernay. Nous attirons spécialement l’attention sur les élégantes miniatures qui en décorent les canons et qui nous montrent différents sujets traités avec beaucoup d’esprit. Nous en avons calqué plusieurs ici. On y voit lesscrinia antiques encore en usage pour serrer les manuscrits.

Lorsque Charles le Chauve se rendit à Tours pour visiter le tombeau de saint Martin (837-53), le comte Vivien, abbé du monastère, et les chanoines, lui firent une réception magnifique et ne crurent pouvoir mieux la solenniser qu’en lui offrant la magnifique Bible que nous possédons encore à la Bibliothèque nationale, et qu’on peut regarder vraiment comme le roi de ses manuscrits. Ils avaient dressé pour V empereur un trône d’argent 1 à dossier arrondi, drapé, orné de fleurs de lis, précédé d’un escabeau avec rinceaux. L’arcade qui le domine est décorée de larges écharpes blanches, de coupes, de calices. Accompagné du comte Vivien et d’un autre seigneur de sa cour, vêtu de la tunique écarlate, de l’ample manteau qu’attachait une fibule à l’épaule droite, tenant en main le long sceptre, l’empereur, au milieu de ses satellites, vient prendre place sur le trône. Onze chanoines de la basilique, vêtus de riches chasubles de , diverses couleurs, avec leurs manipules en mains, s’avancent vers le prince. Trois d’entre eux sont chargés du vénérable manuscrit, qu’ils portent sur un voile blanc bordé d’or. La

i. Une copie de cette miniature se trouve dans plusieurs ouvrages : Labbe, Concil., II, p. 847.

Le Moyen Age et la Renaissance, t. III,

Herbe, Hist. de l’Art par les monuments , 1842.

Arts somptuaires, 1 vol.

Manuscrit 1 . — Bible de Charles le Chauve, donnée à Charles le Chauve par le comte Vivien et les chanoines de Tours pendant qu’il était en cette ville. Il fut déposé dans la cathédrale de Metz en juin 1675, époque où les chanoines le donnèrent à Colbert.

Dans la feuille 3, v° : trois scènes figurant, 1° le départ de saint Jérôme pour Rome ; 2» saint Jérôme, assis, dictant à Paule, à Eustochie et à deux écrivains; 3° saint Jérôme distribuant les livres qu’il a fait copier.

F0 10, v° : Adam et Eve. Les nus sont d’un dessin barbare.

F° 27, v° : Moïse reçoit et donne les Tables de la Loi. Le dessin y est encore plus défectueux. On remarquera :

F° 49 (L) orné. — F0 62, v° (H). — F» 73 (T). — F° 74 (E). — F» 81 bis (P). — F» 88, v» (I). — F» 90 (V). — F» 91 (F). — F° 101 (F). — F0 iio(É). — F° 120 v°(C). — F0 i3o (N). — F» i3o, v» (V). — F» 146 (H, V). — F» 184, v° (D). — F» i85 (A). — F° 192, v» (U). — F0 201 , v» (I). — F° 206, v° (V).

F0 2i5, commencement des psaumes: David joue de la

reliure est écarlate avec étoiles d’or, fermoirs d’or et tranches argentées. Ils présentent ce trésor, que Charles fait signe d’accepter, avec la même majesté qu’il aurait prise pour les clefs d’une ville puissante ou pour la réception d’ambassadeurs.

Telle est la scène imposante que nous rappelle une miniature de ce beau manuscrit, et qui forme une des pages les plus éloquentes de l’histoire des livres liturgiques ; nous y voyons l’importance extraordinaire qu’on leur attribuait et le respect qui les entourait. L’exécution d’un tel livre, sa donation au souverain était un fait d’histoire nationale qui rehausse l’idée que nous pouvons nous en faire. (PL CDLXVIII.)

On a dit que ce manuscrit était lui-même plus ancien que la miniature qu’on aurait ajoutée à la fin pour la circonstance. J’ai peine à croire cette double origine, car les miniatures qui suivent semblent bien s’accorder avec son style, et elles sont intéressantes aussi dans notre étude des livres .

On y voit, comme à la Bible de Saint-Paul, saint Jérôme qui explique la sainte écriture à sainte Paule et à ses filles, pendant que ses disciples écrivent des commentaires sur les rouleaux. A droite, une armoire à livres en forme de petit édicule à plusieurs étages, laisse échapper des volumes écrits. (PI. CDLXIX.)

Au-dessous, nous voyons saint Jérôme distribuant les livres qu’il a fait copier et qu’on emporte avec empressement; il les sort de larges

harpe; en haut, deux musiciens; à ses côtés, deux soldats; au-dessous, deux joueurs d’instruments dont l’un tient une trompette. On voit aussi les figures allégoriques de la Prudence, la Justice, la Force, la Tempérance dans les tympans des angles, en dehors de l’ellipse. Le fond est bleu.

— F» 265, v» (A).— F» 293 (L, I). — F0 285, v° (I). — F» 297, v° (C, T). — F» 224 (B). Belle capitale. — F» 325, v° (E).

F° 326, 327, v°, canons.

F» 329, grande et belle page de peinture : Notre-Seigneur, assis entre les quatre Évangélistes et plusieurs prophètes et saints : Isaïe, Ezéchiel, Daniel et Jérôme.

F» 33o (L). — F» 33g, v» (M). — F0 340 (I). — F° 367, v» (P). F» 366, v» (L).— 358, v» (T), jolis rinceaux. — F» 38o (S). - F» 379 (P;. — F° 378 (I). — F» 399 (P). — F- 396 (P). — F» 395, v* (P). — F» 391, v» (P). — F« 383, v» et 384, canon.

F° 387, au commencement des acta, grande page ornée de trois sujets. — F» 401 (P). — F» 403 (P).— F» 404, v» (P). F» 405, v» (P). — F» 407 (A, P). — F0 408 (P). — F- 410 (P).

F0 423 (dernier folio) : Grand sujet, Charles le Chauve sur son trône; onze chanoines et le comte Vivien lui offrent le livre.

LIVRES LITURGIQUES

coffres. — De ces peintures, nous pouvons tirer quelques observations bibliographiques : les livres sont écrits à l’encre rouge avec interlignes également rouges, couverts de pierreries, attachés par quatre ou cinq fermoirs', c’est-à-dire cordons en or passés dans des boucles; ils ont en haut du dos une sorte de queue-d’aronde qu’on pourrait prendre pour la cambrure du dos, mais qui est plutôt un appendice pour tenir le volume. Près de là, on voit Jérôme payant au poids de l’or les livres du juif qui lui apprit l’hébreu.

On comprend qu’il fallut trois chanoines pour présenter ce vénérable livre à l’empereur; nous avons eu la curiosité de le peser, et son poids n’atteint pas moins de 3o kilogrammes; ses dimensions égalent om5o de longueur, ora38 de large et om095 d’épaisseur. ( PL CDXVII, CDLXVIII, CDLXIX.)

La Bibliothèque nationale conserve un évangéliaire donné à Saint-Martin, de Metz, par l’empereur Lothaire 1 (latin 866), dont l’image est peinte au commencement du volume. L’abbé qui dirigea l’exécution de ce manuscrit, au milieu du ixe siècle, s’appelait Sigilaus, dont le non est consigné dans ces deux vers :

Sed Sigilaus parens jussis regis, studiose Hoc Evangelium illic totum scribere jussit.

Un sacramentaire à l’usage de l’abbaye de Corbie fut écrit par Rodrade, qui avait été ordonné prêtre en 853 (fonds latin 1 2o5o); on y lit cette inscription : « Moi, Rodrade , indigent de la miséri- « corde de Dieu, vaincu par les ordres du pontife « Hilmerade, contraint par la menace d’une sen- « tence épiscopale d’excommunication, le iv des « nones de mars, j’ai reçu avec terreur l’office « du ministère sacerdotal, l’an de lTncarna- « tion du Seigneur dcccliii, indiction première, « épacte vne, au vne terme paschal, le iv des ka- « lendes d’avril. Qui que tu sois qui liras cette « note de mon ordination et qui célébreras la con- « sécration du corps du Seigneur avec ce livre, « aide-moi, je t’en supplie, par tes prières, à exer- « cer le sacerdoce d’une manière digne du Christ « et à mériter la récompense de la vision céleste2. »

Il existe à Gannat un splendide évangéliaire

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