Trad. de Lobry, II, p. ioo
MESSE
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LECTORIA (PORTATIFS).
refouillés. On ne peut concevoir un meuble mieux combiné et d’un goût plus irréprochable comme ornementation. (PI. CDLXXV1II.)
La forme des lectoria carlovingiens n’a pas toujours été celle que nous offre l’ivoire de M. Spit— zer; j'ai dessiné à Modène, dans les archives du dôme (lois saliques ripuaires de Charlemagne), un lutrin composé sur sa tige d'une série de fuseaux, comme les candélabres antiques, et porté sur trois pieds; le pupitre lui-même a l’apparence d’une double volute. Le miniaturiste, assez inexpérimenté, a figuré tout le meuble en rouge. (PL CDLXXX.)
Ce genre de lectorium doit avoir été fort répandu au ixe siècle, si nous nous en rapportons aux peintures des manuscrits qui nous en laissent un grand nombre de spécimens. Par exemples, à la Bibliothèque nationale , le psautier de Charles le Chauve (PL CDLXXX), où nous voyons la tige formée par un double fuseau, — le manuscrit 265, f° i i verso, montrant devant saint Marc un pied formé de boules et de rondelles, — l’évangéliaire 18723 de la Bibliothèque royale de Bruxelles1.
Il semble que chaque autel ait eu son lectorium particulier; on pourrait le croire, du moins pour Saint- Riquier, d'après ce texte de la vie de saint Angilbert : « His tribus altariis tria lectoria miri- « hce parata sunt*. » O11 y remarquera, de plus, qu’ils étaient couverts de riches étoffes.
On lit dans les actes d’un concile du ixe siècle : « Lectorio superpositis sacro sanctis Evangeliis3. »
Dans l’inventaire de Prüm 4, il est question de quatre pupitres pour évangéliaires (lectionaria), deux couverts d’or et de pierreries, un autre tout entier en argent, d’un analogium d’argent avec arcades (sans doute dans le goût de l’ivoire de Francfort), surmonté d’un aigle doré au-dessus d’un globe d’argent; sur les quatre faces étaient suspendus des ornements d’or et d’argent que les