‹ La messe (volume 3)Chapitre 163 sur 341 · Bull, mon., XV · texte numérisé non relu

Bull, mon., XV

Français appelaient « panthères1» : « Ambo quod « nos dicimus analogium, argenteuscum arcubus « præparatus; et desuper aquila deaurata stans « super fabrica in modum pomi argentea; pen- « dulæ inde machinæ quadrihco opéré compositæ « quæ gallicæ linguæ panthères nuncupantur, « auro argentoque nitantes. »

On pourra consulter à la Bibliothèque nationale, au sujet des lectoria, dans le fonds latin, les manuscrits 3 24, f° 47 verso, 265, f°t 1 verso, et dans le fonds grec, le manuscrit 363. (PI. CDLXXVII.)

Un des plus beaux et des plus curieux pupitres en forme d’aigle qui ait existé, était certainement celui que ht exécuter, pour la lecture de l’évangile, Foulques, abbé de Lobbes en 971. Quatre lampes y étaient distribuées en forme de croix. Leurs réservoirs, fondus en cuivre, capricieusement ciselés et dorés, reposaient sur des bases d'argent. Elles étaient précédées d’un aigle, en fonte dorée, aux ailes mobiles qui pouvaient, en restant étendues, recevoir l’évangéliaire. Son cou, mobile aussi, livrait passage à la fumée de l’encens qui brûlait intérieurement; c’était à la fois un pupitre I et un encensoir2.

Un psautier du xe siècle, conservé à la Bibliothèque de Stuttgard3, nous montre un diacre de- ; vant un lectorium élevé d’environ 1 m 1 5 , rouge, supporté aux angles par quatre colonnettes que composent quatre boules et rondelles, les boules rouges traversées par une zone blanche. Entre les colonnettes, trois arcades sont séparées par de petits balustres, et, au-dessous, s’ouvre une armoire. Une miniature contemporaine de la même Bibliothèque offre un large pupitre d’argent soutenu par un balustre élégamment orné, avec rosace et feuillage dans le milieu 4.

Le bénitier d’ivoire de la cathédrale de Milan, qui nous présente sur ses bas-reliefs les quatre Evangélistes, nous donne aussi quelque idée des lectoria d’après ceux que l’artiste y a figurés; il montre, notamment, que l’on connaissait déjà, alors, le système de la vis qui fait monter ou descendre la tige du pupitre.

1. En vieux français, pantière veut dire filet; il est possible que chaque face pour poser les livres fût ainsi garnie.

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