‹ La messe (volume 3)Chapitre 176 sur 341 · DIPTYQUES CHRISTIANISÉS · texte numérisé non relu

DIPTYQUES CHRISTIANISÉS

Les diptyques profanes, surtout ceux conservés dans les églises, ont dû servir dans la liturgie, mais nous n’avons rien pour le prouver; en voici qui portent encore la marque de leur fonction sacrée et que nous avons le droit de revendiquer pour l’Église. L’observation faite pour les autels aux ve et vie siècles peut se renouveler ici; nous pouvons répéter que les ivoires, comme les marbres, à l’époque du triomphe de la foi, furent transportés en guise de dépouilles glorieuses dans les basiliques, toutes les fois que leurs images ne blessaient pas le dogme ou la chasteté. On sait que de bonne heure les empereurs chrétiens défendirent, comme trop coûteux, l’usage des diptyques civils, et on peut comprendre, d’après cela, que leur prix les fît rechercher soigneusement pour les besoins ecclésiastiques. Nous pouvons encore là vénérer la main de l’Église qui a su recueillir et sauver, en les plaçant à l’ombre de ses sanctuaires, des objets d’art qui, sans le respect dont elle sut les environner, seraient devenus la proie des iconoclastes.

Parmi les diptyques qui portent la marque de leur transformation chrétienne, nous devons citer en premier lieu celui de Brescia1, conservé

1. Odorici, Antich. cristiane di Brescia, PI. xii, part. 11, p. 65.

Giornale dei litterari d'Italia, t. XXVIII, art. II, p. 3g.

Garrucci, Storia dell’ arte, PI. clvi.

Gori, Thés, vet. diptych., I, 202.

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