‹ La messe (volume 3)Chapitre 179 sur 341 · Diptych. leodiense · texte numérisé non relu

Diptych. leodiense

Ann. arch., XVII, 367.

(A)ndr.

Johaiïis-

Jacobi

Pauli

Joannis

Sebastiani

Tho(mæ)

Gerv(a)sii

Philipp(i)

P(rotasii)

Ba(rtholomæi)

Ma(tthæ)ei

Simonis

Quintini

(Thadæi)

(Jacobi)

(Simeo)nis

Inn(ocentij)

Clementis

Geor(gij)

Aiexan(dri)

Isidori

Cornelii

Cypriani

Silvestri

(Amb)rosij

Greg(orij) . . .

Germ(anj) .

Remed(ij) .

Medardi .

T . mar... .

Laurentij .

Pancrat(ij) .

On remarquera qu'il y a, dans la formule, des parties communes avec le romain. On y voit figurer saint Grégoire le Grand. Remedius est mis pour Remigius, évêque de Reims. Après saint Médard viennent les martyrs; les vierges devaient être inscrites à la suite dans des lignes qui nous font défaut.

Il est probable que l’autre feuille portait, dans ses inscriptions, la mémoire des défunts. On y voit, en effet, les traces d’environ quarante lignes qu’il est impossible de lire. On distingue cependant vers le milieu igisi, fragment probablement d’Ebrégise, vingt-quatrième évêque de Tongres1.

Un des plus curieux diptyques de forme consulaire approprié à la liturgie chrétienne est certainement celui que l’on conserve dans le trésor de Monza. Il porte sur ses feuilles les images du roi David et de saint Grégoire le Grand ; par ces sujets, il devrait plutôt être mentionné parmi les diptyques ecclésiastiques; cependant, sans le nom de ces personnages inscrits sur l’ivoire, sans la tonsure que porte le saint pontife, on les confondrait absolument avec les portraits des consuls que nous

1. On s’explique cette confusion entre les évêchés de Tongres et de Liège par ce fait qu’en 709 l’évêché fut transporté à Liège, conservant pour un temps le titre de Tongres. Ce ne fut qu’en 961 que commença définitivement celui de Liège. (Moroni. Dict., voir Tongres.)

DIPTYQUES ECCLESIASTIQUES

présentent les autres diptyques1; ce sont les mêmes vêtements surchargés de broderies, la chaise curule, la mappa, le sceptre crucifère et ce luxe dont les derniers temps de l’empire aimaient à environner l’autorité suprême. Ne reconnaît-on pas ici le génie des chrétiens du vie siècle, introduisant violemment les choses payennes dans le sanctuaire, et couronnant de l’humble diadème de saint Pierre les splendides magistrats qu’ils voyaient à la tête du monde? N’est-ce pas de leur part un coup d’audace égal aux spoliations des temples, et un signe du déclin politique d’un gouvernement dont les anciennes victimes ne craignaient pas de ravir les insignes à leur prolit? Je vois peu de faits plus frappants dans l’histoire, peu de révolution mieux exprimée que par le consul tonsuré de cet ivoire. Je sais que saint Grégoire avait été préteur avant d’être élevé au pontificat, mais ici, c’est le pape lui-même que l’artiste chrétien a entendu confondre avec les premiers magistrats de la république, et les deux hexamètres qu’on y lit suffiraient à le prouver :

-f- GREGORIUS PRESUL MERITIS ET NOMINE DIGNUS

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