‹ La messe (volume 3)Chapitre 180 sur 341 · UNDE GENUS DUCIT SUMMUM CONSCENDIT HONOREM · texte numérisé non relu

UNDE GENUS DUCIT SUMMUM CONSCENDIT HONOREM

DIPTYQUES ECCLESIASTIQUES

A peu près au même temps que les cippes et les marbres païens firent défaut aux constructeurs chrétiens pour l’érection de leurs autels, les vieux

1. Le consul Basilius, sur un diptyque de 641, porte aussi une croix.

2. Il m’est impossible d’adopter l’opinion de Gori, qui croit que ce diptyque fut retouché après la mort de saint Grégoire, et l’image du consul changée en celle du pontife. Il suffit de regarder la touche franche, nette, de l’ivoire, pour se persuader du contraire; ce n’est pas non plus une copie des costumes sacerdotaux du vn° siècle, comme on l’a dit, mais une imitation des insignes consulaires, dont l’auteur voulait revêtir le pape, c’est une sorte de souveraineté temporelle déjà constatée. Le mot SCS prouve qu’il est postérieur à la mort de Grégoire dont l’humilité se serait peut-être blessée de ces honneurs.

Voyez Labarte, I, 16.

Gori, Thés. vet. diptych., II, p. 20t.

Pulszki, Catalogue of the Fejervary ivories , p. z3,

diptyques manquèrent aussi aux ivoiriers chargés de préparer les tablettes sacrées. Il fallut donc qu’ils se missent à l’œuvre pour inventer des sujets convenables à cette destination et pour les façonner eux-mêmes. Cette nécessité donna naissance au troisième genre de diptyques qu’on appelle ecclésiastiques , et produisit quelques-unes des œuvres de cet art charmant et trop éphémère où la perfection des formes antiques s’unissait à l’inspiration chrétienne.

Le plus beau et le plus ancien de ces dyptiques nous paraît être l’ivoire du British Muséum, qui représente un ange debout, ailé et drapé à l’antique. Sa forme allongée semble rappeler sa destination de diptyque, d’autant que le sens de ce vers qu’on y lit est incomplet et suppose l’existence d’une seconde feuille où il s’achevait :

+ AEXOY riAPONTA KAI MA0QN THN AITIAN

Cet ivoire, par l’ampleur de la composition, la mâle et élégante beauté de son dessin, peut être comparé à la pyxide de Berlin ; il serait digne des meilleures époques et ne saurait être classé audessous du ve ou vie siècle1.

Je ne classerai pas à une époque moins ancienne le bel ivoire que possède M. Maller, d’Amiens 2; il est divisé en trois compartiments dans lesquels on voit successivement représentés, le massacre des innocents, le baptême et les noces de Cana. Le massacre reproduit à peu près trait pour trait la couverture d’ivoire de la Bibliothèque nationale, latin 9393, que nous avons attribuée au vi° siècle3.

La collection Trivulzi, de Milan, possède une feuille d’ivoire qui ne peut être moins ancienne que le vie ou vne siècle ; on y voit, dans le bas, la résurrection de Lazare, Marthe aux pieds de Jésus, et, sur la porte entr’ouverte du sépulcre, des bas-reliefs qui représentent le miracle. La résurrection même du Sauveur est rappelée dans le haut par le saint Sépulcre et les gardes endormis; on voit au-dessus les attributs de saint Luc et de saint Mathieu ; ceux de saint Marc et de saint

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