Rohault de Fleury, l’Evangile, Pi. xxvii
DIPTYQUES
Jean devaient figurer sur la seconde feuille, que nous ne connaissons pas1.
Dans la meme collection, il existe une feuille de diptyque d’une grande beauté, que nous avons gravée dans l’iconographie de la sainte Vierge (PI. VII) et qui figure l’Annonciation. Malgré le byzantinisme qu’on commence à y découvrir, l’ivoire a rarement été travaillé avec plus de vigueur et en même temps d’élégance. Le diptyque du trésor de Milan2 possède encore ses deux feuilles d’ivoire et peut, à cause de sa conservation non moins que par son âge, être rangé parmi les plus intéressants. Comme l’ivoire de la collection Trivulzi, les sujets choisis pour ses bas-reliefs laissent penser qu’il était consacré à la commémoration des morts ; au lieu de les peindre au revers des tablettes, les artistes, lorsqu’ils n’étaient plus gênés parles images déjà gravées sur l’ivoire, préféraient exprimer en relief celles qui avaient trait à la destination liturgique. Sur le premier feuillet, nous voyons représentés : le lavement des pieds, — l’arrestation et le jugement du Sauveur, — la mort de Judas, — le saint sépulcre. Sur le second : les saintes femmes au tombeau, — Jésus- Christ ressuscité se montre dans le jardin à Marie- Madeleine, — il apparaît à ses apôtres, — il confond l’incrédulité de saint Thomas. Ces deux plaques, d’une forme allongée, ont de la confusion dans l’ordonnance des sujets.
Au musée Ala-Ponzoni, de Crémone, on conserve les deux feuillets d’un diptyque grec, sur lesquels sont figurés les martyrs Theodorus et Acacius en attitude d’orantes, avec leur nom inscrit sur l’archivolte qui les encadre. Le style des sculptures paraît du vie siècle. Le nom d’Acace, l’archevêque de Constantinople (-J- 489), dont l’ambition troubla si fort l’Orient au ve siècle et dont le souvenir trente ans après sa mort fut effacé des diptyques, n’a-t-il pas ici quelque rapport avec ces tristes circonstances? Le Père Allegranza, au revers du feuillet de saint Théodore, y lut encore cette inscription : Obduxeri et recordare iterum federis sempiterni ; il crut même pouvoir déchiffrer infontem s.
r. Garrucci, PI. ccccxliX.