Id., VIII, xi
PAIX
à l’évêque d’Angers, nous donne lieu de remarquer que les sous-diacres se donnaient la paix dans le sacrarium, et non pas à l’autel, où il ne leur était permis d’aller que pour présenter les pâlies au diacre ou pour recevoir ce qu’il fallait emporter.
La liturgie mozarabe, qui a ses racines dans les origines mêmes de l’Espagne chrétienne, nous offre aussi le rite de la paix. L’oraison qui l’accompagne change à toutes les messes ; c’est la quatrième selon saint Isidore : « Quarta post hæc « infertur pro osculo pacis et charitatis ut recontt ciliati omnes invicem consocientur dignè per « sacramentum corporis et sanguinis Christi.» Un peu plus loin, le prêtre dit : « Quomodo astatis « pacem facite. » Ces paroles font assez connaître qu’on se donnait la paix en s’embrassant les uns les autres dans la place où l’on se trouvait1. »
M. Guerra y Orbe, parmi les précieux renseignements qu’il nous a fournis sur l’ancienne liturgie espagnole, nous a communiqué deux petits objets de bronze qu’on peut estimer du ve siècle et que l’on a considérés comme un instrument de paix2 : c’est une tige avec une colombe au sommet, terminée en bas par un anneau. Cependant il me paraît difficile de croire qu’en Espagne seulement on eût un instrument liturgique inconnu du reste de la chrétienté.
L’iconographie chrétienne ne nous laisse pas tout à fait dépourvus de renseignements sur la manière dont les anciens fidèles donnaient la paix; il est vrai que nous n’avons aucune image qui représente dès lofs cette cérémonie de la liturgie; mais il nous en reste un grand nombre, à propos d’autres scènes chrétiennes, qui représentent des embrassements et qui peuvent implicitement nous en donner idée. Les deux fidèles s’inclinaient avec empressement, mettaient chacun un bras sur l’épaule de l’autre et rapprochaient leurs lèvres. Cette attitude était certainement celle qu’on avait alors dans les basiliques, car elle se reproduit toujours la même dans des représentations différentes.
On peut en juger par les sarcophages qui figurent Judas embrassant le Sauveur; par