Bolland., 12 mars
PAIX
« currentium sibi dilectum, qui erat ibi : veni,
« domine frater, et da mihi pacem... »
Dans les statuts les plus anciens, on devait donner le baiser aux étrangers en signe d’hospitalité. — La règle de saint Benoit parle de Yosculum pacis.
Le Livre pontifical nous montre Etienne IV i (-j- 772) assis sur son trône et distribuant la paix:
« It ibidem similiter in sella pontilicali sedens,
« tribuensque denuo, ut mos est, pacem, ascen- « dit rursum et mensam, ut assolent pontifices,
« tenuit. »
L’existence de la paix liturgique est témoignée par les actes du concile de Francfort (794), du concile de Metz (81 3), etc. Le baiser de paix est prescrit par les capitulaires à la tin du vi 1 ic siècle :
« XLVIII. Lit post confecta sacra mysteria, in « missarum solemniis omnes generaliter pacem « ad invicem præbeant. »
Les institutions de Raban Maur‘( 836) rappellent le souvenir de la paix : « Postquam enirn « ad communicandum et ad percipiendum cor- « pus, perventum fuerit, pacis osculum tibi invi- « cem cantantes agmis Dei. »
Dans le concile de Douzi (871), il est raconté par Hincmar : «Tune domnus Rex pacem illi « dédit et ego (Hincmarus) post ilium. »
Amalaire (de Ofticio Missæ) : « Deinde dicit pax « Domini nostri Jesu-Christi sit semper vobis- « cum. Respondent, et cum spiritu tuo. Deinde « dat pacem altari vel patente : et sic populus « dat tibi pacem. » Nous verrons donner la paix avec des patènes consacrées, mais ici il doit s’agir I d’un baiser donné à l’autel ou à la patène.
La couverture d’ivoire du Sacramentaire de Drouon nous montre le diacre baisant le célébrant
pendant le saint sacrifice; il est obligé de s’incliner, parce que le prêtre reste immobile devant l’autel. Ce bas-relief est, je crois, la plus ancienne image qui nous représente le rite de la paix, mais nous avons, pour l’époque carlovingienne, des