Abbé Corblet, Revue de L’Art chrét., I
Didron, Ann. arch.. t. IV, q5.
Lettre part, de M. Schnütgen.
Otte, Manuel d’Areh. chrét.. Leipzig, i85 1 . p. 44.
CLOCHES
dont M. le curé nous a envoyé un dessin très complet. Il est intéressant de retrouver ici le nom et le souvenir d’un missionnaire irlandais attachés à une cloche celtique, nouvel argument de l'influence qu’eurent, sur l’art des Germains, les apôtres de saint Colomban. (PI. 1 1 D . '
Pavie. — Saint-Michel de Pavie possède une clochette qui provient de Santa-Maria Capella, où elle était conservée depuis le xve siècle, et, plus anciennement, de San-Martino, église des environs. Nous devons communication de ce bronze à M. l’abbé Prelini. (PI. ID.)
VIe-VIIIe SIÈCLES.
Les cloches à main n’étaient pas les seules en usage à l’époque mérovingienne; nous avons des témoignages assez multipliés qui prouvent qu’il y en avait alors déjà de plus grandes et dont le son portait au loin. Celle qu’Héraclius (610) fit ériger à Saint-Pierre de Rome était certainement de ce nombre. Le monastère de Saint-Barthélemy, à Ferrare, possédait une antique nola appelée calcas , en italien sperone , à laquelle se rattache une anecdote intéressante. Ce vieux métal, peut-être par un vice de fabrication, peut-être par suite d’un trop long usage, ne donnait plus que des sons rauques; la comtesse Mathilde, chassant un jour dans les environs, fut étonnée de les entendre, et s’informa de la raison qui pouvait engager les moines à garder une si mauvaise cloche; ayant appris que c’était la pauvreté, elle leur envoya une cloche d’or ornée de pierreries, et on restaura l’ancienne en y gravant cette inscription :
NOI.A HAC MATHILD1S ÆRE QUAM FUDIT FABER, CALCARI AUREO MUNERI DATO, VOCAT FRATRES, UT ORBIS CONCINAT LAUDES PATRI TERGO SONANTI CALCAR IMPRESSUM GERIT DONIQUE, NUMERISQUE PAR VESTIGIUM *.
i. Maori, Hierolexicon, Rome. 1677.
Il est question dans la vie fie saint Loup d’une cloche qui existait à Sens, et à laquelle on avait donné le nom de Marie. En 61 3, Clotaire II, voulant s’emparer des Etats de Thierry II, roi de Bourgogne, envoya une armée à Sens. Dans ces circonstances, le pieux évêque saint Loup, craignant pour son peuple les désordres de la guerre civile, entra dans son église et sonna la cloche pour avertir les fidèles de venir prier avec lui. Dieu l’exauça; les ennemis, étonnés du bruit d’une si grosse cloche, dont ils n’avaient pas encore l’habitude, furent pris de frayeur et se retirèrent. Quelque temps plus tard, Clotaire, s’étant emparé de Sens, fit enlever la cloche pour la placer dans son palais de Paris. La chronique ajoute qu’en sortant de Sens, la cloche perdit le son, et ne le recouvra que lorsque le roi l’y renvoya ’.
Un prêtre interdit par saint Éloi avait voulu braver les ordres du pieux évêque de Noyon, et entreprit de sonner sa cloche à l’heure de la messe, comme il en avait l’habitude. Il tira la corde très longtemps et vit la cloche rester muette, malgré ses efforts. Saint Eloi ne voulut pas revenir sur la sentence avant que satisfaction eût été faite. Deux jours et deux nuits se passèrent donc, pendant lesquels le prêtre chercha souvent et inutilement à ébranler sa cloche ( tinnulum ). Enfin, Eloi, vaincu par les prières qu’on lui faisait, réconcilia le lieu par sa seule parole, et aussitôt la cloche recouvra le son primitif qu’elle avait perdu2.
Nous voyons, d’après une rubrique du missel mosarabe, qu’un enfant de chœur, sonnant une cloche ( esquillam ), devait précéder la procession du jeudi saint, lorsqu’on porte l’Eucharistie au tombeau 3.
En Irlande, la rude et simple architecture des monastères primitifs a laissé une trace visible de l’usage des cloches dans les célèbres tours rondes qui ont si longtemps exercé la perspicacité des archéologues, et dans lesquelles le Dr Petrie nous a montré les beffrois des cathédrales et des abbayes
1. Tarbé, Description de l’église Saint-Étienne de Sens, p. 65.
Surius, t. V, p. 2.