‹ La messe (volume 3)Chapitre 255 sur 341 · Smith, Dict., i · texte numérisé non relu

Smith, Dict., i

ORGUES

L’orgue que décrit Claudien (né en 365) avait aussi ses tuyaux en bronze.

Voici un poète chrétien du ve siècle, Prudence, qui nous montre l’orgue employé pour louer le Christ 1 :

Quidquid in ære cavo roboans turba curva remugit,

Quidquid ab arcano vomit ingens spiritus haustu,

Quidquid casta chelys 2, quidquid testudo résultat,

Organa disparibus calamis quod consona micant,

Æmula pastorum quod reddunt vocibus antra :

Christum concélébrât, Christum sonat, omnia Christum

Muta etiam, tidibus sanctis animatæ, loquuntur.

Voici la description que Cassiodore nous a laissée d’un orgue de son temps : « Un orgue est « une sorte de tour composée d’un faisceau de « flûtes, auxquelles des soufflets communiquent « une voix abondante. Pour le moduler agréable- « ment, on construit vers l’intérieur diverses lance gués de bois que le maître gouverne avec ses « doigts, et leur emprunte ou des sons bruyants « ou de suaves cantilènes 3. »

Sidoine Apollinaire loue le roi Théodoric de n’avoir pas admis d’orgue dans son palais.

Saint Fortunat, dans une lettre au clergé de Paris, met cet instrument au nombre de ceux dont on se servait pour accompagner la voix, mais il n’indique pas formellement son emploi dans les églises.

En 757, Pépin, assistant au plaid de Compïègne 4, reçut de l’empereur Constantin Copronyme un orgue pour présent; la description nous le montre renfermant mille brises qu’avaient amassées de puissants soufflets et qui sortaient ensuite de leurs coffres d’or :

Si vero quidquam chordarum respuit odas Et potiora cupit quam pulset pectine chordas Quis Psalmista pius psallebat cantibus oliin,

Ac mentem magno gestit modulamine pasci Et cantu gracili refugit contentus adesse,

Maxima millenis auscultans organa flabris,

Mulceat auditum ventosis follibus iste,

Quamlibet auratis fulgescant cætera capsis 5.

Charlemagne reçut aussi un orgue que lui envoyait l’empereur Constant Michel et que le moine de Saint-Gall nous décrit0.

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