‹ La messe (volume 3)Chapitre 256 sur 341 · Du Cange, De Carolo magno, lib. I, cap. x · texte numérisé non relu

Du Cange, De Carolo magno, lib. I, cap. x

Diverses chartes publiées par Ughelli (t. V, p. 604, 610), prouvent qu’au temps de Charlemagne1 l’église de Vérone possédait un orgue.

Jean VIII (872-882) installa à Rome un orgue qui fut, dit-on, pour U Italie, le point de départ de beaucoup d’instruments semblables2.

Zartino dit qu’il y avait au ixe siècle, dans l’église cathédrale de Munich, un assez grand orgue dont les tuyaux de bois étaient de forme cylindrique3.

Nous trouvons dans Gori 4 la reproduction d’une miniature qu’on attribue au temps de Charlemagne, et que nous avons copiée. (PI. DII.)

L’Angleterre, au xe siècle, semble s’être distinguée pour la fabrication des orgues. Saint Dunstan (f 988), archevêque de Cantorbéry, avait fait faire pour Malmesbury un orgue où on lisait cette inscription3 sur bronze :

ORGANA DE SANCTO PRÆSUL DUNSTANUS ADELMO PERDAT HIC ÆTERNUM, QUI VULT H1NC TOLLERE REGNUM

Nous trouvons une description d’orgue très curieuse dans Wolstan6, à propos d’un évêque de Winchester : « Là, s’élève des orgues telles qu’on « en a jamais vues ; elles sont établies sur deux éta- « ges. Douze soufflets dans le hauty réunissent leurs « efforts; dans le bas, quatorze soufflets y jettent « leurs respirations alternées. Ils sont mis en « mouvement par soixante-dix hommes qui, malci gré leur force, sont inondés de sueur. Ils s’exci- « tent mutuellement, afin de rassembler vaillam- « ment les souffles de l’air et de permettre à « l’instrument d’exhaler des rugissements de son « sein gonflé. Quatre cents touches sont rangées « par ordre sous la main de l’habile organiste « qui les gouverne. Deux religieux unis par le « cœur sont assis devant l’instrument, et chacun

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