Je dois bien avouer que cette coutume de voiler l’au
Rien n’est plus commun dans les peintures byzantines que les vêtements de pourpre pour les autels. Nous en avons, dans les actes du Concile de Constantinople, de 536, un souvenir contemporain de la mosaïque de Melchisédech, à Saint- Vital. En effet, parmi leurs pièces figure une lettre curieuse du clergé d’Apamée en Syrie, dans laquelle il se plaint de la conduite inique de Severus, évêque d’Antioche, et de celle de son propre évêque; en rapportant les griefs contre ce dernier, il rappelle la négligence qu’il mettait à célébrer la sainte liturgie, et les souillures qu’il laissait sur la pourpre qui couvrait l’autel1.
Les vêtements d’autel en Orient étaient symboliques; ils devaient rappeler les abaissements et la gloire du Sauveur. La première nappe, appelée xavâ-aapxa, tissée de lin, couvrait directement la table sacrée et signifiait le linceuil de Jésus-Christ; la seconde, plus riche, était l’image de sa résurrection glorieuse au-dessus des linges funéraires abandonnés au fond du sépulcre; elle s’appelait TparcEçoœopov. Nous venons de voir, à la mosaïque de Saint-Vital de Ravenne, l’image de cette superposition de nappes. — Encore maintenant, la règle en vigueur exige que l’autel soit recouvert de trois nappes, dont une peut être repliée et n’avoir que la grandeur de la pierre sacrée; toute autre matière que le chanvre et le lin est exclue.
Saint Grégoire de Tours rapporte un songe qu’il eut et qui fait bien voir que de son temps les autels étaient couverts d’un voile de soie, aussi bien que les dons précieux offerts en sacrifice ; c’est lorsqu’il parle d’Eberulfa, valet du roi Gontran : « Je pensais, dit-il, que j’étais dans la sainte basi- « lique, occupé à célébrer la messe; l’autel et les « oblations étaient déjà couverts du voile de soie « (pallio serico coopertum), lorsque tout à coup « j’aperçois le roi Gontran qui entrait et qui criait « d’une voix forte : « Enlevez l’ennemi de ma fa-
tel est une grave objection contre l’emploi que nous avons supposé aux lobes pour le rangement des pains.
A cet égard, ne peut-on pas dire que le rangement des pains d’autel avait lieu pendant les préliminaires de la messe et avant que le corporal n’eût été étendu? — L’Ordo romain nous dit que cela avait lieu lorsqu’on apportait le calice. — Il est vrai qu’à Rome je n’ai jamais vu ce genre d’autels.