Vitæ Patrum, cap. vin. Migne
cinq pâlies ornées à la grecque (achaica exornatas) \ etc., etc.
On se persuade après la lecture de ces divers articles, que les voiles en question étaient souvent fort ornés, qu’on y voyait de riches dessins, des broderies de soie, d’or, des applications de perles. Nous en avons vus dans un texte de Grégoire, qui portent le nom de Sarmates , en soies d’Achaie. Ainsi, l’Orient fournissait à la Gaule ses étoffes d’église, ou du moins elles y étaient assez recherchées pour qu’il faille mentionner cette origine. Les plus parées étaient réservées pour les jours de fête; d’autres, plus simples, étaient d’un usage quotidien. On les changeait donc suivant les jours et suivant les fêtes. Nous remarquons que les pâlies destinées à voiler les autels sont assimilées à celles des tombeaux des saints. Lorsqu’on se rappelle ce qui a été dit des confessions des Gaules dans notre deuxième volume, de celle de saint Martin en particulier, on comprend que ces petits édicules, qui ne ressemblaient pas aux caveaux d’Italie, pouvaient être ainsi revêtus et assimilés aux autels.
Des vêtements spéciaux étaient réservés pour l’usage de l’autel. Cela est rappelé par la libéralité de sainte Brigitte 2 qui « vestimenta transmarina « et peregrina episcopi Conlaith decorati luminis, « quibus in solemnitatibus Dornini et vigiliis « apostolorum, sacra in altaribus offerens mysteria « utebatur, pauperibus largita est.» (Cogitosus, vita S. Brigid., cap. 29.)
Adamnus rapporte comment les vêtements et livres de saint Colomban furent placés sur l’autel : « Beati viri vestimenta et libros, inito consilio, « super altare, cum psalmis et jejunatione, et « ejus nominis invocatione posuimus. » (Lib. II, cap. q5).
A Saint-Arban (sur le lac de Constance), saint Colomban fit apporter de l’eau, la bénit, en aspergea l’église, et, tournant autour avec les siens, en chantant des psaumes, il en fit la dédicace. Puis, ayant invoqué le nom de Dieu, il fit les onctions sur l’autel, y mit les reliques de sainte Aurélie, le