février
Les autels saxons étaient quelquefois revêtus de nappes de pourpre avec broderies d’or; Eddi, en racontant la consécration de l’autel de Ripon, par saint Wilfrid (-j- 709), en donne le témoignage : « Altare cum basibussuis Domino dedicantes pur- « puraque auro texta induentes1. »
Dans un manuscrit de la Bibliothèque cottonienne2, on voit, à propos des anges d’Abraham, une table circulaire avec une nappe.
Saint Aldhelme (-j- 709) nous fait une pompeuse description de ces objets 3 :
Plurima basilicæ sunt ornamenta recentis,
Aurea contortis flavescunt pallia filis,
Quæ sunt altaris sacri velamina pulchra.
VIIIe SIÈCLE.
Comme toujours et comme pour toutes les branches de l’art, une renaissance sensible se manifeste, au vme siècle, dans la fabrication des vêtements d’autel. L’Église, devenue plus riche pendant le règne des Carlovingiens, trouve aussi des artistes plus habiles pour bien employer ses trésors. Le Livre pontifical qui, jusqu’à présent, était resté presque silencieux sur ce sujet, multiplie des descriptions merveilleuses. Il ne nous parle pas de tissus courants et vulgaires, mais de véritables tableaux qui exigent autant d’art dans leur invention que d’expérience du métier de brodeur dans l’exécution; ce sont des groupes compliqués, les scènes évangéliques les plus difficiles à rendre. Ces somptueuses broderies retracent sur les vêtements d’autel la nativité, Je baptême de Jésus-Christ, la guérison de l’aveugle, les vierges sages, saint Pierre marchant sur l’eau, l’entrée triomphale à Jérusalem, le crucifiement, l’ascension, la pentecôte, l’assomption de la sainte