Photographie de Parker
IXe SIÈCLE.
« riam Danielis,cumpericlysi destauraci.»(P.34o.) Et encore à Sainte-Cécile : « Vestem de fundato « habentem aquilas et gryphos, cum periclysi de « olovero (340). »
Nous voyons paraître ici, dans ces étoffes, les lions, les aigles et les griffons, qui restèrent si longtemps de mode au moyen âge.
(P. 403.) Benoît III (855) donne à Saint-Paul une frange pour la nappe d’autel : « Amendulas « aureas numéro r 1 et gemmas chrysoclavas pen- « dentes numéro 10, magno amore præcepit heri, « et super sacrumsanctum altare ad honorem « Apostoli offerens pendere jussis.» Lesamendulæ, petits glands en forme d’amandes, qui pendaient au bas des franges, sont peu nombreux parce que plusieurs blets de la frange étaient quelquefois réunis pour soutenir une seule pendeloque; nous avons vu que, dans la mosaïque de Ravenne, ils sont répartis de deux en deux; les houppes dans lé voile du trône de l’Apocalypse, dans la Bible de Charles le Chauve, le sont de trois en trois. (PI. CLX.) On remarquera ici, dans le présent du pape Benoît, que les amendulæ paraissent alternées avec des perles d’or « gemmas chrysoclavæ. »
L’empereur Michel envoie au même pontife (p. qo3) : « Vestem de purpura Imperiali munda « super altare majus ex omrni parte cum historia « et cancellis et rosis de chryscclavo, magnæ « pulchritudinis deornatam, etiarn et vélum de « stauraci unum , cum cruce de chrysoclavo et « litteris de auro græcis. » Il s’agit ici d’une pourpre dite impériale, celle même que portaient les empereurs. Ce vêtement d’autel avait un sujet historié, et autour, si je traduis bien cancellis , un treillis et des rosaces pour ornementation. Il est probable que le voile de stauracin, qui avait une croix d’or et des lettres grecques, portait, de chaque côté de la croix, l’A et l’Q, que les artistes du ixe siècle répétaient souvent.
Avant de quitter le Livre pontibcal, il est bon de conbrmer ce qu’on vient de lire, par les commentaires que Thiers nous en a laissés; on y verra qu’il convient d’adopter pour le mot vestis la signihcation que nous avons prise : « Les autres sortes de parements, dit-il, sont ces étoffes précieuses qu’Anastase appelle vestis , lors principalement qu’il n’y joint pas in altari ou super altare. Les Bénédictins chartreux, dans la ferveur de leurs instituts, n’avaient que des pare¬
ments d’autel de laine»; et ailleurs (p. 164)... « Il faut bien remarquer les expressions in altari, super altare , qui témoignent que ces couvertures n'étaient pas simplement pour être mises au devant des autels, comme on le fait des parements, ni au haut des autels, comme on le met aux retables. Outre le dessus des autels, elles couvraient le devant, et servaient de nappes et de paiements tout ensemble, bien qu’elles ne fussent que d’une seule et même pièce d’étoffe. C’est ainsi qu’étaient faites la plupart de ces couvertures, dont il existe encore de semblables dans certaines églises, entre autres une en toile d’or dans l’abbaye de la Chaise-Dieu, en Auvergne, et qui couvre le dessus, le devant et les côtés du grand autel. » Le B. Lanfranc, archevêque de Cantorbéry (in decret pro ordine S. Bened., c. 18), parle d’une nappe de ce genre : « Palla qua altare coopertum est et cujus pars anterior pendet. »
Avant le milieu du ixe siècle, Léon IV recommande aux curés de couvrir les autels de linges très propres : « Altare sit coopertum mundissimis « linteis; » il parle peut-être du corporal. En tout cas, la prescription du linge n’était pas absolue, puisque lui-même fait faire une couverture de soie avec clous d’or sur le grand autel de Saint-Pierre. Depuis Benoît III, on ne trouve plus guère de couverture d’étoffe d’autel, sans doute parce qu’on n’y met plus que du linge, selon la prescription du concile de Reims : « Est mensa Christi, id est al- « tare, mundissimis linteis et palliis diligentis- « sime cooperiatur. »
Les capitulaires, qui entrent avec soin dans les moindres prescriptions liturgiques, n’oublient pas les vêtements et les linges de l’autel; dans le chapitre intitulé : De linteis altaribus prœparandis , nous trouvons cette recommandation : « Ut pres- « byteri per parochias suas feminis prædicent ut « linteamina altaribus præparent. »
De La Mure raconte avoir encore vu au xvne siècle, une nappe carlovingienne dans le trésor de Saint-Etienne de Lyon b Elle était ornée d’inscriptionsd’oret avait été donnée à saint Remy, archevêque de Lyon, parunedame nommée Berthe;