‹ La messe (volume 3)Chapitre 283 sur 341 · Rupert deTuitz, XXX et XXXI · texte numérisé non relu

Rupert deTuitz, XXX et XXXI

Migne, CLXX.

3. Ils proviennent de la collection Bock et ont figuré à Paris dans l’Exposition de 1882, où nous les avons fait photographier.

VÊTEMENTS D’AUTEL

L’un est une broderie allemande (n0 1252 bis) exécutée sur toile, qui représente le Christ assis sur l’arc-en-ciel et tenant un livre avec cette inscription : kgo’sv liber vite. Il soutient ce livre en se voilant la main sous les plis de son manteau. Le col de la tunique est orné de carrés entre liserés, ornements qui se reproduisent ailleurs; le fond est bleu. Ce fragment, de om3o, appartenait sans doute à un tableau qui représentait le Sauveur glorieux, assis, bénissant, auréolé, accompagné sur les côtés par des figures de saints. Les autels du xne siècle, à Asti, Avenas,CittàdiCastello, etc., nous offrentsur leurs bas-reliefs des exemplesde ccgenre que la fragilité de la matière ne nous a pas dérobés comme les images brodées sur étoffes. Les parements en tissus suppléaient sans doute à l’argent ou au marbre, quand les églises étaient trop pauvres pour les avoir; ils cachaient, dans les jours de fête, l’excessive simplicité des autels, et devaient, à cause de leur rôle même, imiter les objets plus riches qu’ils remplaçaient. (PI. DVII.)

Le second fragment de Kensington, d’un travail analogue, devait faire partie de la même pièce; cette broderie porte des têtes d’anges sous des arconcelles, et dans le bas cette inscription : Deus Sabaoth. Ces restes nous permettent, je crois, de rétablir la bordure entière. En effet, en rapportant les vingt-huit lettres qui manquent au texte du Sanctus : Sanctus. Sanctus.Sanctus. Dominus Deus Sabaoth, nous trouvons une largeur totale, avec des caractères identiques, de im3 5, largeur qui comprend sept arconcelles, comme celles qui subsistent, et constitue, ce qui est convenable, une tête d’ange au centre. A droite, on remarque une sorte de chapelet qui devait former la bordure. Le fond de ces dessins est d’ocre jaune rabattue. Cette bande formait le haut du parement, mais il est possible que le reste de l’étoffe eût encore quelque décoration. Nous en avons essayé la restauration. (PL DVII.)

Le riche trésor de Bamberg n’était pas dépourvu de belles étoffes pour ses autels, comme on le voit par ce passage de son inventaire : « Pallia al- « tarium ix. Quedam cum aurifrigio. — Quedam « acupicta. » ( Invent . de Bamberg , ii 27. — Weber.)

XIIIe SIÈCLE.

Pour le xme siècle, c’est surtout à Anagni que nous devons chercher des documents liturgiques.

Mgr Barbier de Montault nous donne, entre autres, une description intéressante des parements d’autel : on en voit un qui représente une double rangée de saints sous des arcades tréflées; dans la zone supérieure, la madone entre les anges; dans celle inférieure, au centre, le crucifiement; sur les lr côtés, deux bandes ou orfrois brodés de griffons, ^ .. ..

d’aigles et de perroquets, inscrits dans les cercles. r LC

La « mantille » qui retombe à la partie supérieure eft est garnie de figures de saints.

L’inventaire de Boniface VIII mentionne un autre parement désigné sous le nom d'arbre de vie, ou Mgr de Montault reconnaît un travail allemand. Le Sauveur est figuré attaché par trois clous à un tronc d’arbre ébranché, dans le feuillage duquel l’artiste a représenté le pélican. Il a fait surgir aussi, du côté de Jésus-Christ, une tige de vigne qui symbolise, comme nous en avertit une inscription, sa constance, sa justice, sa confiance, sa noblesse, etc. Dix-huit médaillons, contenant les prophètes et les témoins du crucifiement, fournissent un cadre au tableau1.

M. Savinien Petit a calqué un des parements d’Anagni, que nous reproduisons (PI. DX) d’après son dessin, aujourd'hui à l’Ecole des Beaux-Arts.

L’antique autel carré subsista jusqu’au x 1 1 ie si è— cle, s’il faut en croire les nombreuses miniatures de cette époque qui nous le montrent encore sous cette forme. Il dut même la conserver plus longtemps en Italie, où il restait isolé et où l’on ne connaissait pas l’usage de nos retables. Cette observation est importante pour l’histoire des nappes liturgiques, qui suivirent nécessairement les variations de l’autel lui-même. Dans le manuscrit de la Bibliothèque nationale (latin 9561, f° 120), dont les miniatures multipliées sont de facture italienne, on voit un autel de ce genre, oü les faces sont couvertes d’une tenture jaune clair, traversée par des filets rouges qui dessinent des comparti-

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