IX^-X^' SIECLES
Le quatrième corporal, malheureusement mutilé, est un tissu très tin en lin, mais peu serré. Il se termine .par un effilé qui est arrêté par un liséré.
Le cinquième, mutilé aussi, a om49 de longueur au lieu de om58 qu’il devrait avoir, et om3~ de largeur. Une des extrémités a gardé l’effilé. Mgr de Montault insiste sur la présence de ces effilés, qu’il considère comme destinés à essuyer le calice; ils remplaceraient, selon lui, l’éponge des Grecs.
Les corporaux de Monza ne sont peut-être pas des monuments isolés dans l’histoire. Le baron d’Anglure rapporte, dans son voyage à Jérusalem (i3g5), avoir vu à Raguse « le drap ou touaille sur lequel le bon saint Siméon reçût Notre- Seigneur. » Il était très blanc, épais et velu comme les ouvrages de haute lice.
Philippe de Commines raconte, dans ses Mémoires, que Sixte IV envoya à Louis XI « le corporal sur lequel chantait Mgr sainct Pierre L »
Saint Birin (f 638) avait reçu du pape Honorius un corporal, sur lequel il consacrait le corps du Seigneur.
Dans un traité irlandais sur la consécration d’une église, dont l’ancienneté est telle, qu’elle échappe aux recherches des érudits, on trouve mention du linge sur lequel est reçu le corps du Christ. (Moran, Essays, p. 179.)
Alcuin (De divino Off.) dit qu’il faut que le corporal soit en lin très fin, comme le suaire qui couvrit Notre-Seigneur.
Les monuments iconographiques carlovingiens ne nous montrent pas plus que les précédents de corporal sur l’autel. Dans le sacramentaire de Drogon, sur l’ivoire de la couverture ou les miniatures du manuscrit, l’autel est même représenté sans nappe; le diacre, dans le sacramentaire d’Autun, porte la patène sur un voile. Les ivoires de Francfort et du Louvre ont des nappes. Ce n’est que dans le manuscrit de Troyes (PL X et XI) que nous commençons à voir paraître le corporal d’une façon clairement distincte et replié sur le calice, comme il le fut toujours depuis.
Raban Maur (f 856) se fait, au ixe siècle, l’écho de la tradition primitive qui nous montre, cfans le