‹ La messe (volume 3)Chapitre 300 sur 341 · C0RP0RAUX · texte numérisé non relu

C0RP0RAUX

« le pain devant le calice, et recouvre ce dernier « avec la partie postérieure du corporal » (cap. 44).

Un ancien cérémonial de la congrégation de Bursfel, de l’ordre de saint Benoît, dit de même (cap. 53) : « Le diacre étend sur l’autel le corporal, « qui doit avoir trois plis dans sa largeur et quatre « dans sa longueur; il fait en sorte que le milieu « corresponde au milieu de l’autel... Il recouvre « le calice avec le pli postérieur du corporal. » Cet usage subsista encore chez les Chartreux, selon le cardinal Bona, mais l’Eglise romaine se sert, pour couvrir le calice, d’une petite pâlie de lin dont parle Innocent III (de Myth. miss., lib. 2, cap. 56) : « Il y a, dit-il, deux sortes de pâlies : « l’une, appelée corporal, que le diacre étend sur « l’autel, l’autre, qu’il met toute pliée sur le ca- « lice. » Raoul de Tongres nous apprend que de son temps toute l’Italie et l’Allemagne suivaient cet usage de Rome, mais qu’en France on se servait encore d’un seul corporal.

Le moine Raoul Glaber ( -j- à Cluny, io3o ), en racontant que des malades furent guéris et des incendies arrêtés par le contact du corporal, l’appelle chrysmale , comme Bède le nommait déjà dans son pénitenciel, et comme le nommait plus tard Amalaire h

Les lois d’Alphonse IX, roi de Castille, s’expriment ainsi (1 1 26- 1 1 5 7) part. I, tit. IV, lege 5y) : « Les corporaux sont les linges blancs que l’on « pose sur le calice et qui le couvrent quand le « prêtre fait le sacrement du corps du Seigneur ; « ils ne doivent pas être de soie ni d’étoffes tein- « tes, mais de lin pur et blanc; c’est un linceul, « suivant le nom que nous avons coutume de lui « donner. »

J’ai vu, à Gand, une plaque émaillée conservée au musée, sur laquelle un prêtre, figuré sous les traits de Melchisédech, tient le calice avec une écharpe allongée; ne serait-ce pas le corporal luimême? (PL DIII.)

On assure que le motif1 2 qui fit réduire la dimension des corporaux fut l’élévation du calice, pendant laquelle il fallait le tenir couvert, ce qui était

1. De Eccl. off., 1. I, cap. 19: Chrismale quod a quibusdam corporalis appellatur.

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