Advedichian, Liturg. cathol. Migne, q.3y
fort gênant. On fit aussi la pâlie, qui n’est autre chose qu’un second corporal plus petit.
La plus ancienne représentation du corporal placé sur le calice nous paraît celle du xie siècle, qu’on remarque sur une miniature de Troyes. (PL XI et DIII.) Il est disposé de façon à retomber davantage par derrière que par devant. Le prêtre étend les mains sur le calice.
Nous avons dernièrement obtenu, grâce à M. Marcucci, à Florence, la reconnaissance des reliques de S. Bernardo degli Uberti (-J- 1 1 3 3), conservées à l’église de la Trinité. Les deux peignes qu’on y trouve étaient enveloppés dans une pièce de soie blanche de om35 surom2 5, d’un tissu à jour, léger, traversée dans sa longueur par onze bandes d’or qui lui donnent consistance, et ornée, dans le centre, d’une croix équilatérale; elle est frangée à ses deux extrémités. On ne peut guère douter ici de l’origine liturgique, et même on ne pourrait se refuser à reconnaître un corporal, si ce n’était l’objection de la soie; mais on a vu que dans le corporal de Monza, cette matière y pouvait intervenir.
On conserve à Orvieto un corporal qui date du xme siècle, et auquel se rattache la mémoire d’un miracle célèbre. On raconte qu’en 1264, pendant qu’Urbain IV demeurait à Orvieto, un prêtre allemand, célébrant la messe à Bolsena, eut un doute de foi, et que, soudain, le sang jaillit de l’hostie et tacha le corporal. Le pape fit transporter ce linge à Orvieto, érigea la célèbre et somptueuse cathédrale et institua la fête du corpus Domini. On ne saurait rien imaginer de plus élégant que l’arche qui sert de reliquaire’.
Dans la fresque d’ Assise représentant la messe de saint Martin, le corporal est étendu sur l’autel, sous le calice, lequel est couvert de la pâlie. C’est une pièce d’étoffe blanche, carrée et sans plis. (PI. CCCGLXXXV.)
M. Basilewski possédait dans sa collection une
1. Benois, Resanoff et Kvlxkw, Monographie de la cathédrale d’Orvieto. Paris, 1877, PI. xxi.
Le Règne de J.-C. — Revue de Paray-le-Monial, janvier i883. Photogravure.
Moroni, Difion., V, 3 12.
Pennazzi, Istoria dcll' ostia sacratissinia clic sillù sanguc in Bolsena , i63i.
xrile-xive SIÈCLES.
boîte recouverte d’os, carrée, de orai8 de côté, de omo5 d’épaisseur, qui a pu servir de corporalier; sur le dessus est sculpté le Christ en majesté, avec les attributs évangéliques.
Le vestiaire pontifical possédait au xi i ie siècle des boîtes magnifiques pour serrer les corporaux; on voyait sur ces étuis, d’un côté, le crucifiement, de l’autre, l’image du Sauveur, avec des pierres précieuses. Sur d’autres, un agneau, des oiseaux, des armoiries, etc. L Ces objets n’étaient pas inconnus en France; une miniature du xve siècle, à la Bibliothèque de l’Arsenal (manuscrit 52 1 6, f° 1 1 5 verso), paraît indiquer sur l’autel, à côté du calice, un coffret plat, bleu, orné d’or, qui ressemble à celui qu’on montre au musée de Cluny, et qui servait à cet usage. Ce dernier est de couleur écarlate. A Amiens, il y en avait en soie brodée d’oiseaux et d’animaux, etc.1 2.
Les miniatures du pontifical de Reims, que nous avons dessinées à Rouen, nous montrent le corporal posé sur le calice et laissant retomber ses plis à droite et à gauche. Cette manière devait être la plus usitée alors, car nous la retrouvons indiquée sur un assez grand nombre de manuscrits3. (PI. VD.)
On conserve en Espagne le corporal de Daroca 4, dont on raconte ainsi l’histoire : « En 1239, une nombreuse armée de Maures vint combattre un millier de chrétiens. Ceux-ci, voyant l’infériorité de leurs forces, recoururent à l’aide divine et voulurent se préparer à l’action en recevant la communion. L’ennemi les surprit à cet instant, et le prêtre dut envelopper les particules qu’il destinait aux chefs chrétiens dans un corporal qu’il cacha sous une pierre. Après avoir repoussé les Maures, les chefs revinrent pour communier, et on trouva le corporal tout taché de gouttes de sang sorties des particules. Les Maures revenant à la charge, le prêtre profita de ce miracle pour montrer aux chrétiens le corporal sanglant et leur faire espérer une victoire^qui, en effet, fut complète. En souvenir de ce prodige, le corporal et les particules furent