‹ La messe (volume 3)Chapitre 314 sur 341 · Id. Migne · texte numérisé non relu

Id. Migne

Les sarcophages nous fournissent, pour la Gaule mérovingienne, d’utiles monuments à consulter; nous en avons gravé quelques exemples. (PL DXIV.) On remarquera que le chrisme, souvent placé entre les voiles, prouve leur caractère liturgique.

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A l’époque carlovingienne la pompe liturgique acquit, sous le rapport des voiles, une magnificence extraordinaire, dont le Livre pontifical nous a conservé les descriptions. Jean VI (701, po5) orne le ciborium de Saint-Paul de rideaux blancs; ***< - Adrien, son arc triomphal, d’un voile, d’une vaste .. .

écharpe, qui enguirlandait son intrados, dans le genre peut-être de celle que nous montre encore*' une peinture de la Bible de Charles le Chauve. <r,? A. (Pl.CDLXVI IL) Léon III donne à Saint-Pierre des ut 1 ' voiles de soie blanche d’une beauté et d’un nombre merveilleux ; — au Latran, il enveloppe le ciborium de voiles de soie pourpre et d’or; — il suspend jA? t à Saint-Paul un voile rouge devant l’autel, orné d’une croix et d’une bordure d’or; — à Sainte-Marie-Majeure, sous les arcs du ciborium, des voiles de soie, dont l’un était de chrysoclave semé de perles. Les voiles du ciborium, à cause de leur nombre, étaient appelés tetraviles et devaient offrir plus de richesse qu’aucun des autres. Les pieux donateurs ne se contentaient pas de simples tissus, ils recouraient encore aux difficultés du tissage ou de la broderie pour orner les voiles de sujets d’histoire.

Saint Pascal offre à l’église Sainte-Marie-in- Domnica, pour l’iconostase (in trabe ante vestibulum altaris), trois voiles de Tyr et cinq en quadrapulo; — à Sainte-Marie-Majeure, il orne les v :e „ arcus presbyterii de voiles oü l’on voyait figurées la nativité du Sauveur et l’assomption de la sainte Vierge; il distribue, dans les travées de l’iconostase (in trabem majorent), sept voiles magnifi-

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Les tableaùx en tissus devenaient de plus en plus en vogue et ne visaient malheureusement pas toujours des scènes sacrées, témoin le voile donné à Saint-Paul : « Sub imaginent argenteam habens historiam imperatoris.» Sous le pape Ser- „ XAto’

gius, les fabricants de voiles adoptent des dessins capricieux : des aigles, des oiseaux jouant au milieu de feuillages, d’hommes assis sur des paons,

XIIe SIECLE.

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des lions etc. A Naples, la Stephania, au ixe siècle, était pourvue de rideaux splendides2.

On pourra se rendre compte de ces voiles carlovingiens par diverses miniatures rapportées sur nos planches (PI. IV, V, VI, CCCVC, CCCCLXVIII, etc., etc.). Dans le manuscrit de saint Grégoire de la Bibliothèque ambroisienne, orné d’images d’or, on voit figuré le rideau d’une porte d’autel; le manuscrit analogue de la Bibliothèque nationale (grec 923) donne un exemple de rideaux de ciborium du ixe siècle, attachés aux tringles de l’imposte. (PL DVI.)

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Au xe siècle, c’est surtout vers l’Orient que nous devons nous tourner pour trouver des images de voiles liturgiques. Le ménologe du Vatican nous conserve à ce sujet de précieuses informations; il nous présente des rideaux bleus (PL CV), quelquefois bordés de rose, avec bandes vertes; verts, bordés de bandes d’ocre et de franges. (PL CLXXVIII, CLXXXVI.) Il faut parcourir ces riches enluminures pour comprendre l’emploi que les Grecs faisaient des voiles dans leurs églises, de ces écharpes jetées sur les acrotères, retombant en plis libres sur les corniches et le long des colonnes, nouées aux colonnes, majestueuses tentures qui prêtaient une pompe et une physionomie de fête aux églises ainsi décorées.

Les Occidentaux, surtout dans le nord, n’entendaient pas si bien cette ornementation; on peut en juger par diverses miniatures du graduel de Prüm ou des manuscrits anglo-saxons.

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