Liber pont., passim
2. Joh. Diac., Chronicon ap. Aluratori, rer. Italie. Script., II, 2, p. 3i6.
Pour le xie siècle, comme spécimens de voiles de chœur, nous offrirons les miniatures de la vie de saint Aubin (PL CCLXIX, CDXLIII) et diverses autres peintures. (PL DXV.)
Pour le xne siècle, nous renverrons aussi aux planches XII, XV, CCCIIC. Au xme siècle, les voiles d’autel se réduisent à deux courtines latérales, que soutiennent des colonnes et que surmontent de petits anges (PL XXII, VD, D, DXII). Ces rideaux étaient quelquefois historiés. Il y avait aussi des rideaux pour le carême, époque où on voilait même les statuettes des anges.
Parmi les ruines que le xvie siècle a accumulées, la perte des saints voiles n’est pas une des moins regrettables, car les églises ont, avec les belles tentures, perdu beaucoup de pompe et leur aspect mystérieux. On ne peut oublier le pieux symbolisme qu’ils représentaient et dont la fresque du cimetière cyriaque est un des plus poétiques témoignages. Une vierge y voit tout à coup s’écarter devant elle le voile qui lui cachait le Christ et les splendeurs du ciel, comme, après la consécration, les voiles des basiliques révélaient aux fidèles le bêma tout garni de lumière et embaumé d’encens. Pour les croyants à l’Eucharistie, la demeure où ils l’adorent, comme les demeures humaines, ne semble habitée que lorsqu’elle a ses rideaux, derrière lesquels leur pensée la cherche avec amour. Déjà on revient pour le tabernacle à ces voiles de l’antiquité chrétienne; espérons qu’on fera encore plus, et qu’on aimera bientôt envelopper de nouveau l’autel de leurs ombres respectueuses.
Miniature au British Muséum.
MESSE
FLEURS
Nous avons déjà, à propos des autels et de leur ornementation, indiqué l’emploi qu’on faisait des fleurs en leur honneur; mais il convient de revenir sur un sujet qui a toujours eu une grande importance dans la liturgie, d’autant que les autels n’étaient pas la seule partie du sanctuaire ainsi décorée.
Ici, encore, nous nous trouvons en présence de souvenirs et d’inspirations bibliques; Dieu commandait à Moïse (Exode, cap. 25 et 39) d’orner l’arche de diverses aureolæ , qui n’étaient autre chose que de petites couronnes. Le candélabre devait être paré de bouquets de lis. Salomon ^Reg. ni, cap. 7) fit préparer dans le Temple une quantité de couronnes pour les lions, les bœufs, les chérubins.
On lit dans le livre des Macchabées (cap. 4) : « Ornaverunt faciem templi coronis aureis et scu- « tulis. »
A la fête des tabernacles , on avait coutume d’apporter des branches d’arbres, comme le peuple le fit pour rendre plus triomphale l’entrée du Sauveur à Jérusalem.
Dans l’Apocalypse, saint Jean nous montre les vingt-quatre vieillards portant des couronnes sur la tête et les déposant au pied du trône de l’Agneau.
Le Cantique des Cantiques compare l’épouse aux fleurs des champs, au lis des vallées, il lui met ces paroles sur les lèvres: « Fulcite me floribus, sti- « pâte me malis. — Flores apparuerunt in terra « nostra. — Dilectus meus pascitur inter lilia. » Au chapitre 7, elle dit encore que son bien-aimé des¬
cend au jardin : « Ut pascatur in hortis et lilia colci ligat.»
Notre-Seigneur est comparé lui-même à une fleur : « Et egredietur virga de radice Jesse et
« flos . » (Isaïe xi. 1); la sainte Vierge à des
roses : « Et quasi plantatio rosæ in Jéricho » (Eccl. 24, 18); le juste à une rose éclose au bord des eaux : « Quasi rosa plantata super rivos aqua- « rum L » (Id. 39, 17).
Encouragés par les traditions bibliques, les premiers chrétiens n’avaient qu’à regarder autour d’eux pour trouver des fleurs et les facilités de leur emploi. Dans leurs demeures, sur leurs portiques publics et surtout dans les temples, les anciens en faisaient un usage continuel. Les peintures de Pompéi, les sculptures de ses tombeaux répètent à l’infini des guirlandes lemnisquées. Je citerai surtout, entre beaucoup d’autres, cette fresque si connue du musée Bourbon, qui figure un petit temple circulaire, où sont appliquées de légères guirlandes dont la brise caresse et hérisse les feuilles.
Les auteurs sont remplis de témoignages à ce sujet. Valerius Flaccus (lib. 2, Argon.) :
Prospiciunt, simulantque choros, delubraque festa
Fronde tegunt .
Virgile dans sa huitième églogue :
Molli cinge hæc altaria vitta,
Verbenasque .