Lib. XI, cap. ii
FLEURS
jonché en l’honneur du martyr, puis, rentrée chez elle, la trempa dans l’eau et en fit un breuvage qui guérit le malade l.
Il nous montre aussi la confession de saint Lusor, balayée, lavée et couverte d’une jonchée d’herbes 2.
Selon M. Le Blant, les jours de deuil la châsse du saint était recouverte, au lieu de fleurs, par des épines et des ronces.
Grégoire nous dit que saint Séver avait coutume au temps des lis de les recueillir et de les suspendre aux murailles d’un édifice transformé en église 3. Dieu permit, pour glorifier son serviteur, que les lis reprissent leur fraîcheur le jour de la fête, sans qu’ils eussent été arrosés de nouveau 4.
En ouvrant le tombeau de saint Valérien, on trouva son corps couché sur un lit de lauriers, dont les feuilles guérirent beaucoup d’infirmes.
Le vie siècle nous offre quelques monuments figurés, par exemple la mosaïque de Ravenne, où le palais de Théodoric est représenté. On y voit sur les arcades du milieu une double guirlande attachée au sommet de l’intrados et à l’imposte (PI. CCCLXXXVIII) et dans le milieu une couronne suspendue.
Dans le tombeau de Galla Placidia, un autel de marbre que nous avons attribué au vie siècle nous donne de beaux exemples de guirlandes. On remarquera les courroies, lesquelles, selon l’usage d’alors, sont découpées en forme de feuilles.
Nous avons vu sur les marbres des chancels de Saint-Clément, de Rimini et ailleurs, de larges couronnes lemnisquées. On peut supposer que cette décoration de marbre en rappelle une autre en fleurs naturelles.
Sur l’autel de Saint-Marcel de Carreiret, on Voit figurées deux petites guirlandes, et, sur le
1. Folium herbæ salviæ, quod pro honore martyrum in crypta conspersum fuerat.
De gloria Martyr., cap. lxxi. Migne, 768.