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Labarte, I, 3o

LAMPES

le vase de cristal est serti d’un collier de métal rehaussé de cabochons et garni de trois anneaux de suspension; trois brides de métal rattachent ce collier au-dessous de la panse à une moulure de forte saillie. La flamme nageant derrière le cristal irradiait facilement au dehors. (PL CDXLI.)

Une troisième lampe nous offre peut-être le type nommé saxisca dans le Livre pontifical; elle n’a pas, comme la première, la forme d’un poisson, mais elle est ornée de coquillages et de petits poissons. Cette coupe de cristal de roche est appliquée sous un disque de métal et s’y rattache par un feston ; ce disque est orné de huit cabochons et muni de quatre anneaux carrés où s’agrafaient les chaînes, lesquelles ont malheureusement disparu. (PL CDXL.)

On trouvera sur la même planche une quatrième lampe taillée dans une pierre orientale et affectant la forme d’une navette.

XIe SIÈCLE.

On est surpris, en suivant l’histoire du luminaire ecclésiastique, de la fidélité aux formes primitives chez les fabricants de lampes ou les peintres qui les représentaient; à Rome, surtout, ce fait est remarquable. On voit sur le linteau de la porte de Sainte- Pudentienne un buste de la sainte, comprise dans un médaillon, et tenant une lampe ardente entre ses mains. (Pl. CDXLV.)

Les fresques de Saint-Clément sont à peu près contemporaines; cependant la forme des lampes qu’on y voit représentées diffère de la précédente. Ces vases sont garnis d’un pied, leur panse s’adoucit dans le haut pour former le goulot; ils sont suspendus par trois chaînettes réunies à des anneaux ou à un fleuron renversé. (PL XII et CDXLV.)

On retrouve des anneaux sous les arcades, qui sont un souvenir de l’ancien luminaire, notamment dans la crypte de Saint-Pierre de Toscanella ; ces anneaux, scellés aux intrados, devaient soutenir des lampes.

Les miniatures nous donnent d’abondants renseignements pour les églises de France.

Le manuscrit 12x17 Bibliothèque natio¬

nale, au sujet de la Présentation, nous offre quatre lampes sphériques à goulot resserré, et suspendues sous une grande arcade L

Le manuscrit i8oo5 de la Bibliothèque nationale fournit des images de lampes singulières, petites pyramides quadrangulaires renversées ét accrochées aux arcs par des chaînettes 2. — Le manuscrit de Saint-Benoît, à Troyes (f° 70, v°), présente une lampe du même genre, en forme de cornet. (PL X.) Ailleurs, des lampes demi-sphériques, garnies d’un cône au fond, ou des lampes en forme de godets évasés. (Pl.X et XI.) Ces lampes, figurées au-dessus de l’autel, sont un nouveau témoignage de cet antique usage que nous avons déjà constaté ; une de ces lampes en forme de cornet nous est encore offerte dans une initiale du xie siècle publiée par Shaw (Dresses, 1 vol.); elle pend à l’extrémité d’une croix retenue elle-même par une chaînette et par un crochet.

Le manuscrit grec des homélies du moine Jacques nous montre les lampes du temple qu’on allume.

Un manuscrit du xie siècle, de la Bibliothèque de Poitiers3, nous donne l’image d’une lampe au-dessus d’un autel, suspendue par trois chaînes qui partent d’une fleur de lis renversée, comme dans les fresques de Saint-Clément. — Le P. Cahier 4 publie aussi dans ses Mélanges plusieurs spécimens de lampes tirées de miniatures saxonnes, de simples bassins avec bouton inférieur, ou canthares avec pied, panse contractée, et chaînes qui s’attachent entre les rideaux relevés du sanctuaire.

Dans les sculptures romanes, nous trouverions facilement de nombreuses images de lampes; ce sont en général des sortes de bols avec un bouton ou un anneau en dessous, pour pouvoir les saisir, et trois chaînes de suspension. Lorsque la hau-

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