Boll., 21 mars
XIIe SIECLE.
Le zèle pour illuminer le sanctuaire ne se refroidit pas à l’époque romane, il semble même qu’il se soit popularisé; il semble que la munificence des princes qui à l’origine contribuaient pour la plus grande part à cet acte pieux, se soit étendue dans la masse des fidèles; onia considérait comme une grave obligation de conscience, si bien que plus tard le moine Albéric, dans le récit d’une vision, où on croît reconnaître les premières inspirations de la Divine comédie , traitera à peu près comme païenne une princesse qui n’avait pas contribué à ces dépenses.
Bibliothèque de Troyes, manuscrit 2273, f° 71 v°.
Il nous reste de cette époque des monuments intéressants connus sous le nom de couronnes de lumière. Nous avons montré, d’après les phares du Latran, les phares-couronnes, que ce genre de luminaire était pratiqué dès le ive siècle; je ne suppose pas qu’il ait jamais été abandonné ; mais, si nous croyons les nombreux témoignages qui nous prouvent l’existence de ces lustres aux xie et xiie siècles, nous conviendrons qu’ils furent alors particulièrement recherchés.
Léon d’Ostie, dans sa chronique du mont Gassin, conserve le nom de phare pour les décrire. Didier employait le plus souvent dans ses travaux d’orfèvrerie des ouvriers byzantins. C’était peutêtre de leurs ateliers que sortaient les lustres de Païenne dont Mohammed-Ebn-Djobaïr nous a laissé cette description : « Des soleils en verre « doré, rangés en haut, rayonnaient d’une lumière « à éblouir les yeux, et jetaient dans l’esprit un « tel trouble que nous implorions Dieu de nous « en préserver1. »