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Estampes. Recueil d’orfèvrerie religieuse, t. III

XIIIe SIÈCLE.

une autre recouverte d’une sorte de dais triangulaire et qui a beaucoup d’affinité avec le style mauresque.

En Orient, les lampes n’ont pas au xm° siècle une forme sensiblement différente. Le manuscrit grec 49 (f° i) de la Bibliothèque nationale nous offre à cet égard un canthare, comme la plupart de ceux du moyen âge en Italie. Le manuscrit 6 1 , qui est contemporain, fait voir une lampe byzantine. Le système de poulie que nous avons vu à Assise et ailleurs n’est pas employé ici; l’allumeur la décroche à l’aide d’une sorte de gaffe. Nous en donnons copie sur la planche CDXLVII. On y trouvera aussi une peinture de Grèce, dont nous devons communication à M. Durand, et qui nous montre un clerc occupé à verser de l’huile dans une lampe; ici la lampe est encore suspendue.

Nous ne pouvons passer sous silence, en parlant du luminaire ecclésiastique, les lampes qu’on allumait au sommet des lanternes des morts1. Ces ' édifices, qui ont souvent un autel à leur pied, comme on peut le voir par un dessin de Montfaucon, font partie des édifices liturgiques2.

Comme exemple de fidélité aux anciens types et tradition romaine des anciennes gabathœ, nous donnons, d’après le dessin de Montfaucon, une lampe que le pape Clément avait envoyée en i aqp à la ville du Saint-Esprit. (PL CDXLV.)

Si nous voyons encore maintenir les traditions, ! il faut convenir que la fantaisie commence à 1 envahir la fabrication des lampes et des lustres. J La ville de Diest, par exemple, possède un lustre composé de deux cornes de cerf entourées d’une armature en fer forgé à dix lobes, terminés à l’intérieur par des redents fleuronnés. A la partie convexe de chaque lobe est fixée une tourelle crénelée portant un cierge, à la jonction des deux cornes un guerrier en cuirasse, au centre une tourelle crénelée 3.

Si la pensée romane qui voyait dans les lustres une image de la cité bienheureuse subsiste encore, si ces appareils de lumière conservent quelque

part des éléments d’architecture1 qui rappellent ce symbole, cette pensée s’embarrasse dans des complications infinies; elle ne s’exprime plus qu’au milieu de l’enchevêtrement de détails superflus et de mauvais goût ; le lustre qui existe dans la cathédrale de Lubeck, et dont M. Wilson a bien

Lustre à Lubeck. (Photographie communiquée par M. Wilson.)

voulu nous rapporter une photographie, est un des monuments le plus curieux de cette décadence. 11 a la forme d’un édicule gothique; il porte sous ses arcatures des figures, dont deux évêques qui bénissent et sont debout devant leur trône, et deux autres qui tiennent un agneau trt un sceptre; le haut se termine par une coupe avec

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