‹ La messe (volume 3)Chapitre 5 sur 341 · Voyez Bourassé, Dict. d'Arch ., II · texte numérisé non relu

Voyez Bourassé, Dict. d'Arch ., II

ORIGINES

Lorsque les disciples rompirent le pain dans leur assemblée de Troas (Act. xx, 7, 8), c’était le soir, et il y avait beaucoup de lumières dans la salle : « Erant autem lampades copiosœ in cœna- « culo ubi eramus congregati. »

Pline le Jeune, dans sa lettre à l’empereur, dit que les chrétiens avaient coutume de se réunir avant le jour. Tertullien (De Coronâ, III) nous apprend aussi qu'ils avaient l’habitude de prendre la communion avant l’aurore; faits qui impliquent nécessairement la présence des lampes pendant ces cérémonies.

Saint Jérôme, parlant de l’entrée des catacombes, disait qu’elle était si sombre qu’on pouvait la comparer, selon l’expression du psalmiste, à celle de l’enfer; mais si l’entrée était laissée dans l’ombre, abritée sous l’ombre épaisse de cyprès qui semblent aujourd'hui préposés à sa garde, il est certain que les longs détours de leurs labyrinthes étaient éclairés par des lampes destinées à guider les pas des fidèles et des catéchumènes; aux détours des carrefours, aux points les plus incertains des sombres galeries, une lampe était suspendue sous la petite niche qu’on voit encore, avec les traces de l’antique fumée et du crochet qui retenait la chaîne. Les basiliques souterraines recevaient une plus grande clarté que n’était nécessaire, et qui contribuait en meme temps à honorer les martyrs. Ne peut-on penser que les lumineuses basiliques ouvertes après la paix durent une partie de leurs illuminations aux souvenirs des catacombes, que les enfants des martyrs aimaient à rappeler et à conserver comme un titre de gloire?

Les cimetières n’ont pas conservé ces souvenirs seulement dans les lampes des tombeaux, mais dans leurs peintures, qui nous les montrent jusque dans les mains des fossores1.

S’il était permis d’ajouter foi au récit d’Eusèbe, l’église de Jérusalem aurait, déjà en z3o, fait des illuminations religieuses, car un jour que l'huile vint à manquer au moment de Pâques, l’évêque saint Narcisse fit tirer l’eau d’un puits voisin pour remplir les lampes dont les flammes se ranimèrent

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