‹ La messe (volume 3)Chapitre 51 sur 341 · Rulman, Bibl. nat., fonds français · texte numérisé non relu

Rulman, Bibl. nat., fonds français

« septem candelabra aurea . (1, 12) et cande-

« labra septem, septem ecclesiæ sunt », chandeliers que nous retrouvons usités en souvenir de saint Jean, pendant de longs siècles.

Mgr Cousseau établit qu’au vie siècle, à Poitiers, le diacre portant l’Evangile était précédé de sept chandeliers. — On trouve les sept chandeliers mentionnés dans un inventaire de Fontenelle en 806, de l’abbaye de Frisingue, en 957, etc.

Trésor du Temple. — Manuscrit de Herrade. Calque de M. de Bastard.

Dans un inventaire de Saint-Hilaire de Poitiers de 1690, il est question de ce nombre de chandeliers d’argent portés devant le célébrant aux grandes fêtes, nommées pour cela : « fêtes à sept chandeliers.» ATours, aux grandes fêtes, on porte devant le célébrant sept chandeliers, indépendamment du luminaire accoutumé.

Dans un sacramentaire nivernais du xie siècle, on lit cette rubrique pour le jeudi saint : « La pro- « cession ayant été disposée avec les sept cierges,

CHANDELIERS

« l’évêque, après avoir lavé ses mains, s’avance « pour commencer la messe. »

Le rite des sept chandeliers se manifeste déjà à Rome dans l’ordre romain. Le moyen âge eut aussi le chandelier à sept branches.

Rome, Bibliothèque Vallicelliana, manuscrit du xii® siècle.

Les peintures cimetériales ne sont pas dépourvues de renseignements relatifs aux chandeliers. Elles nous offrent, notamment dans la catacombe de Cyriaque, une procession de vierges tenant toutes des cierges à la main, souvenir sans doute de la parabole du Sauveur1. Elles les portent à la main et sans l’intermédiaire d’un chandelier.

Nous avons dessiné plusieurs chandeliers dans les catacombes de Saint-Janvier, à Naples, l’un très simple, un fuseau monté sur trois pieds et soutenant une coupe évasée dans le haut, au milieu de laquelle est le cierge. — Un autre du même genre dans la même catacombe en forme de balustre porté sur trois pieds. — Les cierges qui les surmontent sont quelquefois noués en faisceaux, ils sont ordinairement d’une petite hauteur et donnent une large flamme.

D’après ces représentations on voit que leschan-

i. Rohault de Fleury, Evangile.

Garrucci, LIX.

Perret, Catacombes.

deliers les plus luxueux sont formés d’une suite de boules et de fuseaux alternés, et portent comme toujours sur un trépied à griffes de lion. Nous en trouvons deux de ce genre parmi les peintures que nous mentionnons. Nous en trouvons surtout un exemple remarquable sur un marbre du musée de Latran1, qu’on a trouvé dans l’Agro Verano®, et qui nous offre l’image d’une orante entre deux chandeliers. (PL CDXLVIII.) Ces chandeliers posés à terre, d’un mètre environ de haut, sont composés d’une série de boules ou fuseaux qui portent une large coupe en bobèche et qui sont assis sur trois lions; c’est un des plus anciens types du chandelier liturgique, qui pendant mille ans restera ainsi au pied de l’autel.

La couleur verdâtre des peintures de Naples semble rappeler que ces objets étaient en bronze, et qu’on les dorait quand les moyens le permettaient. — Les jours de fête, de gracieuses guirlandes de fleurs s’enroulaient autour des cierges, comme on le voit encore dans ces fresques 3.

M. de Rossi ne semble pas supposer que les candélabres fussent toujours posés à terre ; dans la crypte de Saint-Sixte, il a observé une saillie où, selon lui, on devait poser un candélabre; la supposition est d’autant plus probable, que de là cette lumière pouvait rayonner dans tout le passage jusqu’à l’autre crypte.

Un marbre antique que nous avons déjà signalé (IIIe vol., p. io5), qui représente une iconostase, a entre les colonnes des cerei posés sur le stylobate de chaque côté de l’entrée. Sur un verre doré du British Muséum, les luminaires sont des lampes suspendues aux architraves.

L’encolpium de Gaudentianus, de M. de Rossi4, nous montre un fidèle portant un calice d’offrande à l’autel, et, sur le ciborium qui couronne cet autel, une rangée de cierges allumés. Ces herses lumineuses devaient produire un bel effet et couronner dignement l’autel. (PL LXXXXIII.) — L’usage de disposer des cierges au sommet du ciborium ne se perdit jamais; nous le constatons à Sainte-Sophie, d’après la description du Silentiaire, et je l’ai retrouvé sur un ciborium de la cathé-

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