Bull. d'ArcIt.. 1882, p
IXe SIÈCLE.
l’on plantait les cierges; la manière dont les Italiens disposaient leur cierge pascal semble une tradition de la chose.
Le mot cerostata me paraît s’accorder avec un lustre que l’on conserve encore au mont Athos, et qui, peu ancien en lui-même, doit représenter une tradition ancienne. Il sè compose d’une croix richement ornée, surmontée d’une figurine de saint Michel, et sur les bras de deux cierges. Ces cierges sont maintenus au premier tiers de leur hauteur par une traverse avec des anneaux. (PL CDL.)
N’est-ce pas aussi l’expression d’un vieux souvenir, ce lustre céroféraire qu’on voit représenté dans des dessins de l’abbaye de Gembloux, et qui nous montre un cierge supporté par un plateau mobile et maintenu par un anneau horizontal1?
Louis II, roi d’Italie (-J- 875), accorde des décimes pour l’entretien du luminaire à toutes les églises : « Ipsam de'cimam persolvendam Augustus « decernit in qualibet Ecclesia; et ipse sacerdos, « qui ibi ordinatus fuerit, ipsam decimam dis— « penset pro luminari, sive pro eleemosynis 2 .»
L’inventaire de Saint-Riquier parle d’une quantité de chandeliers de fer revêtus d’or et d’argent : « Candelabra ferrea ex argento et auro parata,
« majora xv, minora vu . lampades argenteæ vi,
« cupreæ deauratæ vi, hanappi pendentes argen- « tei xiu, conchæ argenteæ3, » etc., etc.
Saint Anségise (-j- 816) donne au monastère de Fontenelle : « Candelabra argentea tria habentia solidos nonaginta4 ». Au monastère de Flay, diocèse de Beauvais, sept candélabres d’argent, sans doute en souvenir des visions de l’Apocalypse.
Une charte de 878 mentionne le luminaire de Saint-Hilaire de Poitiers5. (Voy. aux Confessions.)
A Moissac, deux cierges brûlaient continuellement devant l’autel de Saint-Pierre, usage qu’on disait remonter aux premiers Carlovingiens.